Versants renversants
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Le sommet de la montagne enneigée
Plonge à lenvers vers un ciel bleu profond
Dans les eaux paisibles du lac aux vagues argentées
Touche de blanc immaculé à lhorizon
Les nuages passent doucement sous les pieds
Les uns derrière les autres, tendres moutons
Blancheur éclatante, ailes déternité
Quel grand Dieu fait ces volutes, ces ronds ?
Et lesprit se perd, vague à lâme léger
Il se promène la tête à lenvers, improbable
santon
Il file dans lair à la rencontre des glaciers
Et sent battre son cur apaisé loin des folles passions
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Immanence
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Alignés comme des dessous sur une corde à linge
Les jours dessèchent, se suivent et puis se singent
En dautres temps cette image bucolique
Eut déchaîné des passions mirifiques
Mais à présent
Périt le temps
Immobile immuable
Passent les heures affables
Une corbeille bien remplie
De fruits qui doucement se momifient
Je prends patience en écoutant le matin
Limmanence, le bruissement du vent de rien
Des échos de silence sur lhôtel du grand sacrifice
Tel est le temps débarrassé de ses saints artifices
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La folle danse
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Je te ferai danser pendant une soirée
Musiques brésiliennes, danses à nen plus finir
Des rythmes endiablés, tendrement tenlacer
Pour quenfin tu sois mienne, toi qui souvent soupire
Prépare-toi ma chère à vivre une extase
Dans une danse folle en gravant ta mémoire
A mordre la poussière, rendre jaloux les vases
Au mille et une corolles ouvertes tout le soir
Tu danseras partout, ton cur sera en fête
Devant toi le jure, tu me verras un soir
Plier les deux genoux ma tendre balayette
Protégeant de lusure tes précieux poils tout noirs
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Ô tendre toi
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Dans le creux de ma bouche amourachée de toi
Sens la langue qui passe Ô cette curieuse
Ton petit bout je touche en caresses démoi
Parcourant tout lespace en danses langoureuses
Petits balancements, la langue qui frétille
Passe voluptueuse un serpent magnifique
En arrière en avant cherche le bout qui brille
Humectée chaleureuse en une onde magique
Je vais bientôt cesser car tu vas défaillir
Tu atteints les sommets, je te vois tout en haut
Jaime te caresser, mais pourrai-je lécrire
Si toi tu disparais mon tendre grand stylo ?
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Vide, rien, silence
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Vide, rien, silence
Murs emplis d'une absence
Un jour empli de rires
Un jour juste souffrir
Un jour quelques ébats
Et un autre en éclats
Maintenant, vois, plus rien
Car le temps ne retient
Que les simples images
Sur quelques belles pages
Doucement il efface
Les plus ténues, fugaces
Quelques fantômes passent
Mais leurs appels nous lassent
Vide, rien, silence
Est passée la romance
On ne veut plus soffrir
Plutôt presque mourir
Elle est restée là bas
Et moi je suis bien las
De ce triste destin
Sans joli lendemain
Regardant les nuages
Joublie un peu la rage
Et mon sang qui se glace
En regardant les traces
Parfois le cur ressasse
Parfois encore trépasse
Vide, rien, silence
Saisirai-je la chance
Au lieu de tout finir
Pourrai-je repartir
Refaire quelques pas
Ressentir les émois
Prendre la jolie main
Dune rose un matin
Sentir tourner la page
Du temps des gros orages
Dans un bien tendre espace
Sentir quenfin seffacent
Les plus terribles traces
Des guerres les plus lasses
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Cur au galop ?
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Au galop dun cheval battait le cur aimant
A déchirer le ciel en mille et une paillettes
Le fougueux animal au regard éclatant
Aimait donner du zèle et non de lamourette
Il traversait les champs à très grande vitesse
Se croyant invincible enivré de lAmour
Il sifflait en passant car il était en liesse
Sa joie était visible, illuminant ses jours
Un soir fut transpercé dun regard de dédain
Qui le narguait tout bas, mit fin à son galop
Il se mit à saigner jusquau petit matin
Depuis il marche au pas en cherchant un point deau
Trouvera-t-il un jour une autre source vive
A le faire tressaillir et filer tel le vent
Comme son pas est lourd, mille routes il esquive
Ce cur veut bien soffrir mais il doute souvent
Baisers immortels
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Comme un rouleau sur la plage
Ce baiser
Ô plaisir immortel et sucré
Que tant dheures impavides
Et tant dheures trop timides
Auront laissé mourir
Ne voyant la rose soffrir
Caresses diffuses sur la peau rougeoyante
Liesse sinfuse comme leau tournoyante
Les joues colorées et la gorge chantante
Avaient enveloppé lamant et lamante
Ô temps immortels que ravive mon esprit
Sous vos ailes est si vive la Vie !
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Refuge sous les étoiles
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Une constellation aux cent milliards détoiles
Captive mon regard, je me sens décoller
Je ressens les frissons enveloppé dun voile
Lil attiré le soir, souffle déternité
Mon cur sy abandonne, Ô bénéfique
abandon
Je vois la nébuleuse à tête de cheval
Aux couleurs qui rayonnent, ocre rouge et marron
Voûte mystérieuse, images dEpinal
Et la superbe Orion, tel un cur palpitant
En dégradés de jaunes et de rouges éclatants
Envolés mes passions et mes tristes tourments
Je regarde la faune, étoiles hors du temps
Les pléiades illuminent en des feux majestueux
Tout un coin de lespace, toutes jeunes lucioles
Cest ici que termine en quatre notes bleues
Le passé qui sefface et le cur qui sétiole
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Terrible doute
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Un zeste de douceur, une main volontaire
Un regard trop troublé, des yeux intimidés
Un geste issu du cur, mots dessin de mystère
Le hasard fait douter des vux de lamitié
Ô, Fuyons, car nous voici bien troublés
Nattendons pas les désirs refoulés
Qui nous mettront sur la terrible voie
De lamour amitié qui nous déçoit !
Mais ce trouble des sens, Amour ou attirance ?
Le barrage érigé qui retient tout ces flots
Laissera-t-il la chance malgré la grande absence
A lAmour vérité qui dépasse les mots ?
Combien de fois le barrage a cédé ?
Combien de fois a rompu lamitié ?
Où sont passés nos subtiles émois
Les heures envoûtées dun « toi et moi »
?
Il faut admettre enfin si lon cède à ces jeux
Que la douce rivière avait fait fausse route
Les barrages au loin ne font pas lamoureux
LAmour ne fait mystère avec les plus grands doutes
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Sous le manteau neigeux
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Le grand manteau neigeux recouvre les grand chênes
Fourrés de coton doux, les branches éclatantes
Soffrent aux valeureux qui nont quitté la plaine
Tout est calme et très mou, couleur opalescente
Dans latmosphère feutrée qui étouffe les
pas,
Sous les vents en paillettes éparpillées en tas
Les curs un peu blessés épousent les frimas
Les tendres amourettes ont chanté leur trépas
Ô belles stalactites illuminées, magiques
Qui ornent les toitures et les plus grandes branches
La douceur qui sinvite en ruisseaux féeriques
En descend en murmures et notes qui sépanchent
Sous le manteau neigeux légères sont nos chaînes
Le temps est un peu fou, se moquant des attentes
Des rêves damoureux enfouis sous tant de peines
Le temps des tendres nous est une idée absente
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Voyageur de lespace
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Je me vois ondoyant debout sur la comète
Qui traverse lespace avec un grand panache
Je délaisse le temps du passé qui sentête
Et déchire sur place une page de tâches
Les planètes défilent à très grande vitesse
Comme ces braves gens qui restaient bras ballants
Bien plantés sur leur île entourée de caresses
Mirant sereinement un spectacle poignant
Au détour du chemin je peux fondre parfois
Pour létoile du jour brillant de tous ses feux
Dites moi si enfin lune delle pour moi
Sera signe dAmour, de désirs chaleureux
Cette course effrénée peut-être un jour sarrête
Dans une ultime étreinte, amourachées les âmes
Echangent leurs baisers, létoile et la comète
Fusionnent leurs deux teintes et ravivent la flamme
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Perdu dans le brouillard
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Suave pensée planant sur des hortensias moribonds
Douceur éhontée par-delà le paroxysme sans fond
Lespoir sindigne de douloureuses attentes
Le vouloir sincline sous boueuse tourmente
Les heures sont un sabre, un bouquet purulent
Dans la danse macabre où simmole lamant
Les pétales de rose, ô rêve inaccessible
Tendrement se déposent, se révèlent miscibles
Dans les sommets glacés de la solitude profonde
Chantent les hymnes passés qui creuseront notre tombe
Mais lavenir est gai comme un brin de muguet
Oubliez sil vous plaît ce que vous trouvez laid !
Ô caresse des roses au-dessus du tombeau
Cette vie qui implose est le chant du très haut
Dans le tombeau du cur pleuvent mille pétales
Qui chantent la fureur de cette vie létale
Dans une léthargie semblant sans rémission
Qui plonge ses racines au fond des temps passés
Toucher à linfini revivant la passion
En songe se dessine une page oubliée
Les beaux lilas ne pourront fleurir à nouveau
Tant que les grands frimas font sombrer le bateau
Le chant de lespoir est comme un phare lointain
Guidant dans le brouillard un bien triste marin
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Du temps et du vent
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Je me souviens du temps je me souviens du vent
Je me souviens des vagues enveloppant la plage
Je naviguais gaiement avec un air charmant
Luttant contre les algues un marin dans sa cage
Je me souviens de bagues à se croire si sages
Je me souviens damour je me souviens de rires
Je me souviens de dagues à vivre dans la rage
Je comptais tous les jours qui me faisaient souffrir
Je me souviens datours qui nauraient dû mourir
Où est passé ce temps, qui na duré longtemps
Pour arrêter son cours, queût-il fallu offrir ?
Lamour était absent, seul est resté le vent
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Fantaisie stellaire
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Passez rue des étoiles, évitez la comète
Bondissez de pluton, goûtez la voie lactée
Enfin mettez les voiles, ayez le cur en fête
Derrière lhorizon frémit le verbe aimer
Passent mars et vénus tout près de notre terre
Phobos et Deimos dansent, enivrés de plaisir
De malices et dastuces, ils inondent léther
Pour quenfin chacun pense aux moments pour soffrir
Saturne invite aussi à tournoyer sans fin
Accompagnés danneaux de toutes les couleurs
Quel bonheur infini, caresser le destin
Et mettre un grand manteau qui protège le cur !
La fantaisie stellaire a traversé lesprit
Peut-être que la lune y est pour quelque chose
La belle Jupiter, petit brin de folie
Croise le Dieu neptune et Uranus se pose
Ce nest pas sinécure avec certains moments
De retrouver la joie à laide de ces rêves
Mais lorsque le mercure a indiqué « Printemps »
Jentends le cur qui bat en rêvant dune trêve
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Cerisiers du japon
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Cerisiers du japon en millions de pétales
Senvolant dans les vents, caresses sur le cur
Les fleurs et les bourgeons qui doucement sétalent
Invitent les amants, aux suaves senteurs
Je passais là dans cette rue
Mémoire de plaisirs perdus
Nonchalamment sous le soleil
Pleuvaient tous les baisers de miel
Les oiseaux qui senvolent emportent les secrets
Des êtres esseulés espérant un miracle
Myriades de corolles offrant dans leur creuset
Rêves inespérés, un si charmant spectacle
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