Les textes de Quarkenciel VII

Retour accueil

J’ai baigné mon cœur dans les grands nymphéas
===================================

Un jour j’avais rêvé d’une douce journée
Où le soleil de miel donnait une caresse
A toute la vallée emplie de volupté
Une belle hirondelle chantait comme déesse

Un jour j’avais rêvé de rires enchantés
Qui la rendraient si belle, comme une vraie princesse
J’étais trop persuadé d’avoir enfin trouvé
La belle demoiselle qui me mettrait en liesse

Au fond de mon malheur quand j’ai vu les frimas
Et qu’enfin j’ai compris, je suis allé baigner…
Mon cœur dans la douceur, dans les grands nymphéas
Je ne suis plus épris, je peux encore aimer.

Elle était déchaînée en me croyant jaloux
M’imaginait pleurer de n’être à son cou
Seul son bonheur comptait pour moi le fou d’Amour
En fait elle m’aidait en perdant ses atours…

Un jour j’avais rêvé d’une tendre soirée
Où la lune de miel était la chasseresse
Je ne vais m’arrêter, continuer d’espérer
Et regarder le ciel en attendant princesse

La nage du scalaire
==============

Paisible est le scalaire au fond de son bocal,
Ses nageoires il agite en ondes romantiques
S’approche de l’enfer où son grand cœur s’emballe
Et au bonheur invite une âme magnifique

Pour si tendre poisson seul un ballet convient
Où les belles passions chantent sur le chemin
Parfois à la surface il prend respiration
Et de son souffle il chasse les peurs, la déraison

Il évite les pièges où grandes prédatrices
Mirent ses mouvements ; elles périront de honte
Et son cœur il allège des larmes des actrices
Qui le trouvaient charmant pour régler tous leurs comptes

Il poursuit son chemin avec son air paisible
Au milieu des reflets tout de nacre et d’argent
Certain de son destin au bonheur infaillible
Quand belle dame plait, il fait confiance au temps…

Il est écrit qu’un jour il vivra ce ballet
Où tant de mots d’amour empliront son palais
Qu’une belle lumière arrêtera le temps,
Changera le scalaire en un prince charmant…

Pris dans la toile
===========

Dans ses tentacules elle m’accule la toile qui tente et ondule
Je suis pris je suis fait, je ne m’en sors plus
Où s’arrêteront les frais de tout le temps perdu ?
La diablesse en liesse me lie est-ce l’île d’allégresse
Ou bien plutôt une espèce qui paisse les mots un peu trop
Qui tantôt découlent et tantôt s’écroulent des plus beaux châteaux ?
Je me débats et de mes ébats elle rit bien bas
Oh Toi, ôte-toi, vile toile de mes tourments que je chéris cœur battant !

Voyageurs à quai
============

Dans les grands paquebots se trouvent bien souvent
Des couples voyageurs et des familles unies
Et ce très beau tableau s’agrémente de gens
Qu’on nomme doux rêveurs, qui espèrent et sourient

Et puis, restées à quai, quelques personnes seules,
Regardant les sillons, hypnotisées, figées
Elles se promènent au frais ; la mer montre sa gueule
Jamais ne partiront, leurs rêves… Envolés…

Elles voyagent en silence en contemplant la mer
Du haut de la jetée de leurs yeux fatigués
Si toutes leurs errances ne sont pas un enfer
Elles ont au moins tué leur mince liberté

Un paquebot s’en va… Il emporte à son bord
Des rêves ineffables en fantômes dansants
Se trouvent certains bras, se serrent certains corps
Et d’autres insondables, en pensée sont présents…

A l’orée du bois
===========

Juste à l’orée du bois, le long des grand canaux
Où s’arrêtent cueilleurs et autres grands marcheurs
Où Dieu Eole est roi… Se tenant bien au chaud,
paisiblement les pêcheurs laissent couler les heures…

Les préoccupations des jeunes âmes émues
Passent en vaguelettes surnageant grandes eaux
Qui n’attendront le fond car ces pêcheurs férus
Font ici leurs emplettes en emplissant leurs seaux…

Si vous leur demandez où trouver coin tranquille
Les pêcheurs du canal vous diront d’un sourire
Au-delà de l’orée, ou l’on trouve morilles
Lisez dans le journal, les plus beaux souvenirs…

Les jours où Cupidon se moque
=======================

Les airs du passé dépassés dépecés vous ont parfois lassés,
hélas, c’est l’air austère sans mystère délétère qui se rit
du présent où tu pressens que sans entendre le temps
tu tentes la détente aimante et sucrée sans succès crénon
d’un canon de Cupidon…

Avez-vous entendu belle Sandy chanter ?
Il y a certains jours où Cupidon se moque
Des accords éperdus vous font un pied de nez
Les relents de l’Amour vous ont laissé en loque

S’entend belle guitare et le son d’une voix
Sans aucun grand détour les airs du passé croquent
Invitant les lascars à pleurer en émois
Il y a certains jours où Cupidon se moque

La guitare s’enorgueillit du lascar qui cueillit un beau soir
les fruits pourris de l’amour ridé à mourir, de cet amour sans
recette où l’on cuit dans un four ; cet amour à part non partagé…
Part ta joie pauvre fou car Cupidon s’en fout donc s’enlisent tes
belles lettres à l’exquise Elise : tes frémissements de vie
avant l’heure manquent de vigueur, voleur de manque de cœur
qui fait sourire Cupidon moqueur.

Où sont donc par pitié belles neiges d’antan ?
Caresse de l’amour sur brûlures de cloques
Je veux me protéger de ces amours blessants
Il y a des jours où Cupidon se moque…

Deux corneilles
===========

Le temps est suspendu, planant haut dans le ciel
Corneilles virevoltent en une tendre danse
Et me voilà ému de leurs baisers de miel
S’éloignent désinvoltes en prolongeant ma transe

Où est le temps, le vent, où sont donc les nuages
Tout semble si dissout dans ce ballet si doux
Où dansent tendrement les oiseaux de présages
Les rêves les plus fous sont dans ce tendre « nous »

Les oiseaux sont partis et je suis là en bas
Les yeux de grand rêveur admirant leur départ
Vers leur beau paradis qui me mit en émoi
Jalousant leur bonheur, qui se joue du hasard…

Le coeur en jachère
==============

Par des sons cristallins enchantant la vallée
Un coeur si esseulé qui attendait la fin
Un de ces beaux matins fut bien fort attiré
Il se prit à aimer ce bonheur si lointain

S’approchant doucement de la belle fontaine
Il parvenait sans peine à oublier le temps
Dans le grand firmament où les idées sont reines
Il se voyait en veine et en prince charmant…

Mais elle l’ignora, il but de son mépris
Et non de l’eau de Vie qui l’eut mis en émois
Comme plus vil des rats qui ne connaît que cris
Il fut chassé d’ici tout au loin dans les froids

Véritable volcan, il entretient le feu
Ne se dit jamais vieux, il veut rester vivant
Malgré les grands tourments il reste chaleureux
Quand dira-t-il adieu au mépris écoeurant ?

Mis en jachère enfin, après triste passé
Ce si doux verbe aimer qui sentait le Jasmin
Chantera le matin jusqu’aux longues veillées
Le chant de l’amitié où fleurira « demain »…

La guitare de l’espoir
===============

Il était assez tard, on noyait désespoir
S’asseyant au hasard, tout au fond dans le noir
On sortait la guitare, ou l’on préférait boire
Parfois penchait la barre où s’appuyaient les loirs

Les malheureux lascars qui se laissaient bien choir
Amusaient les avares en mots porteurs d’espoir
Riant des yeux hagards, préférant belles foires
Comme de vrais loubards, ils préféraient s’asseoir…

Où es-tu, loup noies-tu ton vouloir ?
Là au fond du couloir, dans le noir, il n’y a pas de lézard…
L’espoir noyé dans le défouloir, il faut les voir pour y croire !
A boire, à boire, disent les loirs qui parfois se jèteront
au hasard dans la Loire !
Laissez-moi la guitare et chanter là très tard…
Quelques mots de gloire même si les têtards
et les canards qui n’ont pour seul déboire
que de voir des seins en forme de poire
ne sortent pas leur mouchoir…
Juste chanter quelques mots d’espoir,
juste le chant du vouloir, un soir !

Chant aux oubliés
=============
Il y a des élans de générosité
qui courent si gaiement dans les tendres vallées
En grands troupeaux hurlants pour mieux se rassurer
Les caméras devant ont appris à aimer…
Mais il y a pourtant tous les grands oubliés…
Une mère en pleurant a remis son bébé
Et son cri déchirant ne sera écouté…
Un pauvre ère mourant qui ne peut se soigner
Dira à ses enfants qu’ils doivent le laisser.
Vive le vent, vive l’été
Nous sommes des gens
Qui savent aimer
Quel dommage que l’écran
Soit notre fidèle allié
Où sont nos yeux, devant ?
Qu’avons-nous oublié ?

Soupir poétique (21/1/2005)
===========

Couleur aigue-marine ou couleurs irisées
Doux parfums de narcisse et pétales de roses
Les teintes opalines et autres mots chantés
Poèmes en esquisse constituaient ma prose

Un poète un chanteur en mon âme écrivaient
Il fallait travailler de mille autres façons
Au fond de ma douleur ces personnes mourraient
D’un air désenchanté elles entendaient raison

Je ne suis pas artiste même si l’âme brûle
Je dois gagner ma vie par de tristes machines
Même si l’âme existe elle reste dans la bulle
Et parfois me sourit comme une vraie ondine

Parfois les mots en pleurent refusant l’autre vie
Qui est trop mécanique et trop répétitive
Ce serait le bonheur, un havre, un paradis
Que leur pouvoir magique en fasse âme qui vive

Rentrer chez soi (25/1/2005)
============

Rentrer chez soi enfin, sachant que nous attend
Au fond de la maison la flamme chaleureuse
Qui attendait au loin avec des gens aimants
Agitée de frissons, voici notre âme heureuse

Rien de plus doux ni chaud que cet endroit connu
Où des rires et des pleurs avaient ponctué la vie
Dans cet endroit si beau que nous avions voulu
Rencontrant tant de cœurs, là nous avions appris

Une âme libre vole espérant toujours mieux
Mais devant les frimas elle revient au chaud
Quand son grand cœur s’affole effrayée des envieux
Et autres scélérats qui d’elle rient bien haut

Le bon feu crépitant dans l’âtre qui rayonne
Attire l’âme en peine et lui fait les yeux doux
Sait raviver le temps où les amours résonnent
Et où la joie est reine en rêves les plus fous