Les textes de Quarkenciel VI

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J’irai
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J’irai courir gaiement dans les verts pâturages
Respirer tout le vent qui souffle sur les sages
Sentir les mimosas en baume sur le cœur
Et tous les grands lilas qui seront tous en fleurs

J’irai vider ma tête et mon âme emplirai
En chantant à tue tête comme le feu follet
Caresser une vache en lui disant merci
Et trouver où se cachent les anges de la Vie

J’irai boire à la source une eau très vivifiante
Sans terminer la course aux heures si aimantes
Goûter à la fraîcheur des glaciers naturels
Et y baigner mon cœur telle une hirondelle

J’irai dormir enfin sous la nuit étoilée
En pensant à demain où je serai aimé
Chanter pour âme sœur qui me retrouvera
Et sentir ma chaleur, la force de mes bras

J’allumerai le feu
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D’une harpe celtique, ou d’une simple voix
D’une flûte de pan ou bien d’une guitare
Je jouerai en mystique en cueillant les émois
Mon cœur si bouillonnant éclairera en phare

Je suis un romantique à chanter sur les toits
Les pires des tourments ne tourneront la barre
Les rires sarcastiques iront périr de froid
Je veux rester vivant, ne croyant au hasard

J’irai chercher les braises au creux des hauts fourneaux
Et donnerai mon cœur à qui saura aimer
Pour qu’un beau jour se taisent les rires de chameaux
Surgira une fleur au milieu des glaciers

J’allumerai le feu en soufflant comme Eole
Il fleurira le temps des passions si magiques
Et je serai heureux, un fou pour une folle
Je serai l’homme aimant et elle magnétique

Je prendrai ma cithare aux airs si envoûtants
En jouant pour ses pas en danses hypnotiques
Un beau jour ou un soir, elle viendra en tourments
Se jeter dans mes bras, la folle romantique…

Le temps du Jasmin
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Quand on disait « je t’aime », l'on sentait le Jasmin
Maintenant l’on est blême, car l’on a peur du destin
On a peur de la vie, et l’on se croit vivant
On sourit en folie, et l’on part si gaiement
On se dit que l’on aime, mais on est si mesquin
Et la peur on la sème, sous des airs trop hautains
Je ne sais où l’on mène nos amours aquilains
Semblants de vie, semblants de pain
De midi à minuit, l’on s’incarne en lapins
Ce soir toi qui m’est chère, tu offriras ton corps
Mais oui mon amour, chauffe-moi de tes mains !
Pour que je sois si fier de ne pas être mort
Tu dis oui sans détour, l’on se voit de si loin
Pense aux beaux chrysanthèmes et oublie le Jasmin :
En guise de « je t’aime », l’on entend « à demain » !

 

 

Révolution du cœur
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Asta siente à fond, avec la vitre ouverte
Et oui, je n’en peux plus des yeux désespérés
Ont sauté tous les plombs, je voudrais la voir verte
La ville des déçus qui ne sont plus aimés

Je la veux cette époque des gens qui se consolent
Qui ouvrent enfin les yeux et regardent leurs proches
Et les gens qui se moquent, s’écroulant sur le sol
Devant un jour radieux, rejoignant farandole

J’ai tendu un bouquet devant une pervenche
En roulant doucement pour lui dire d’aimer
J’ai vu son air inquiet, j’ai vu le cœur qui flanche
Là j’ai compris vraiment que ce n’est pas gagné !

Je remettrai ça je le jure !


 

Paso doble
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Amour, je t’aime, amour… Je ne veux t’étouffer
Si jamais je m’éloigne, où ira donc ton cœur ?
Je saigne chaque jour, et ne veux le montrer
Alors mon cœur je soigne en baumes de chaleur

J’aimerais t’enlacer, te couvrir de baisers
Mais ne supporterais de te voir en tourments
Tu me vois reculer en riant d’amitié
Dans un brouillard épais où je combats le temps

Je suis un cavalier qui aimerait danser
Cette tendre romance qui m’a tant envoûté
Monter cet escalier où le cœur déchaîné
Saisit enfin sa chance, dans le ciel bleu nimbé

Un feu brûle dedans, que je veux contenir
A chaque pas de danse une étoile s’allume
Au fond de mes tourments, si je peux en mourir
Je continue en transe, au milieu de la brume

Quand tu tournes le dos, je chute dans les flammes
Mais quand j’entends ton rire aux airs si chaleureux
Périt le trémolo qui détruisait mon âme
Je ne veux pas mourir, mais je suis amoureux…

Dans ce balais fébrile où mon coeur se déchire
Tes battements de cils à ne plus en finir
Prolongent mon espoir et font vibrer le temps
Pour qu'un jour où un soir, nous nous trouvions aimants...

J’ai baigné mon cœur dans les grands nymphéas
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Un jour j’avais rêvé d’une douce journée
Où le soleil de miel donnait une caresse
A toute la vallée emplie de volupté
Une belle hirondelle chantait comme déesse

Un jour j’avais rêvé de rires enchantés
Qui la rendraient si belle, comme une vraie princesse
J’étais trop persuadé d’avoir enfin trouvé
La belle demoiselle qui me mettrait en liesse

Au fond de mon malheur quand j’ai vu les frimas
Et qu’enfin j’ai compris, je suis allé baigner…
Mon cœur dans la douceur, dans les grands nymphéas
Je ne suis plus épris, je peux encore aimer.

Elle était déchaînée en me croyant jaloux
M’imaginait pleurer de n’être à son cou
Seul son bonheur comptait pour moi le fou d’Amour
En fait elle m'aidait en perdant ses atours

Un jour j’avais rêvé d’une tendre soirée
Où la lune de miel était la chasseresse
Je ne vais m’arrêter, continuer d’espérer
Et regarder le ciel en attendant princesse

 

Eclaircie
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Ses rayons veloutés traversant les nuages
Aux couleurs irisées ont gravé leur image
Mettant un terme enfin aux tourments de la pluie
S’ouvre le bel écrin ; le soleil resplendit

Le sol humidifié aux senteurs des orages
S’évapore en douceur, donnant de sa chaleur
Aux cœurs rassérénés qui ne prennent ombrage
De toutes leurs douleurs, des pires de leurs peurs

Les oiseaux dans le ciel ont repris leur envol
Visibles à l’horizon, en immenses bouquets
Chantent les hirondelles jusqu’aux plus hauts des cols
Vient la belle saison, où l’on revoit le geai

La terre envoûtée en chantant pour les sages
Chaleur nous a donné, bonheur dans son sillage
En chassant un matin les embruns de la pluie
Elle montre le destin comme un beau chant de vie…

La marche des deux coeurs
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Une marche si tendre au beau milieu des bois
Main dans la main, vivants, respirant l’air si fort
Que l’on pourra entendre les deux cœurs en émois
Passant sur les chemins, ayant vaincu la mort

Des brindilles craquantes et des feuilles en bataille
Feront ponctuation de tous les mots d’Amour
Une femme charmante, le bonheur en chandail
L’homme plein d’attention sourira dès ce jour

Au détour d’un sentier aux cents arches de feuilles
Il posera baiser, douces lèvres qu’il cueille
S’enflammera passion au goût de pêche rose
S’envolera raison, les cœurs au pays d’Oz

Feront craquer brindilles en un exquis ballet
De deux corps réunis pour deux cœurs en un seul
Un garçon une fille goûtant à tous ces mets
Qui à la vie sourient, homme et femme le veulent

La marche reprendront dans les bois envoûtants
Deux mains en une main et deux cœurs réunis
Le village atteindront en se sentant vivants
Dès ce tendre matin, à la vie ils sourient !

Clair-obscur
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Fébrile clair-obscur, délice trébuchant
Envoûteur tortionnaire, caresse d’une enclume
Tes suspicions si sures, brûlures d’un onguent
En voleur de mystère sont un titre posthume

Palais sucré-salé, aux rythmes endiablés
Sensible vague à l’âme en broyeur des grands cœurs
Tu me fais déchanter et tour à tour rêver
Risible bague drame aux postillons chanteurs !

Amoureux ou piteux, austère ou optimiste
Désespéré et vif, à la frontière mole
Je me sens jeune et vieux et parfois même altruiste
Fatigué attentif, je verse mon obole

Ou est le temps de vie, dans ce doux clair-obscur
Nage au fond des remous le riche paresseux
Un vide infini empli de moisissures
Si délicieuses au goût… mon cœur toujours s’émeut !

Le temps
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Torture est tout le temps quand on se sent tortue
Ferions-nous notre affaire des affres des fers
Posés là tout devant dans un futur qui tue
De son regard austère aux relents si amers ?

Il s’échappe si vite et nous laisse pantois
Et le présent raté qui hantait notre esprit
Aux regrets nous invite et nous sourit narquois
Voici tes peurs passées, inutiles tes cris !

Je voudrais l’arrêter pour faire tant de choses
Du travail ici bas, des sourires aux amis
Et parfois l’implorer qu’il m’épargne les pauses
Mais il n’écoute pas, le temps est un souci !

Qu’en faire dites-moi s’il est parfois enfer ?
En perdre et en trouver étant chose possible
Etant donnée sa loi qui n’est pas un mystère
En faire son allié est un bonheur tangible…