Les textes de Quarkenciel V

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Les yeux vers la même étoile
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C’était un couple heureux, certains disaient idiot,
Car ils avaient pour eux un immense cadeau…
Sur la voûte étoilée, dans la constellation
Qu’ils avaient désignée, un tendre compagnon…

A chaque éloignement ils regardaient là haut,
Toujours en souriant la flamme qui tient chaud
Je vous demande un peu où était l’idiotie,
d’être plus chaleureux et de croire en la Vie…

Quand décéda l’un d’eux, l’autre « imbécile » sourit
Car au fond de ses yeux, sa présence il sentit…
Messieurs de la logique, aux yeux si méprisants
Vous êtes dramatiques, et n’êtes pas vivants…

Hurlements de loup
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L’Amour soleil noyé sous un océan de larmes est la complainte cruelle du loup qui hurle à la nuit dans l’attente du jour…
Des frissons de folie dans l’échine de la nuit ont ouvert en rivières les veines qui conduisent la Vie, abreuvant une terre embrumée d’une lumière vibrante qui ondule comme la pluie…
Le tonnerre retentit en échos dans les vallées perdues pour leur rendre la force d’antan quand le silence délétère a enveloppé dans une nappe inconnue les souffles brûlants des hurlements vivants…
Au fond du lac, dans les vases boueuses où s’enchevêtrent les proies des cyclones chagrin résonne le cri étouffé du très grand lamantin ; son appel est la plainte qui aspire le temps dans un néant fébrile où il se croit vivant.

 


 

La colombe
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J’ai vu une colombe, elle s’était posée
Sur une de ces tombes des soldats trépassés
Un gamin au lance-pierre a dégommé l’oiseau
Les plumes volaient à terre et il riait bien haut

Un jour il put apprendre à déchiffrer les mots
Et il pleura d’entendre ce cri aux trémolos :
« Ces nobles combattants tuèrent sans détour,
et pourtant mon enfant, ils aimaient tous l’Amour »

 

CHANT INDIEN
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Lointains échos du jour, un très grand chant indien
Fait vibrer la vallée d’une force nouvelle
Il inonde d’Amour cette terre au matin
Le soleil s’est levé et les cœurs s’émerveillent

Au fond de la vallée rugissent en furie
Les torrents déchaînés d’où déferle la vie
Dans le cœur de l’Indien est contenu le monde
Et du soir au matin, il y danse sa ronde

Son regard aiguisé admire les condors
Et son esprit s’envole en haut du plus grand toit
D’où les années passées chanteront pour les morts
Ses deux pieds sur le sol, il entonne la foi

Les rayons du soleil ont nappé la vallée
De leurs baisers de miel aux couleurs enchantées
Ce matin s’est levé un indien plein de force
Que la vie fait vibrer en chantant dans son torse…

 

La vieille aigrie
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En hurlant au respect, avec de rouges flammes
qui de son nez sortaient, la vieille noble dame
les enfants fustigeait, telle une tranchante lame,
car ces anges riaient, en entendant ses gammes

Bien sûr vous comprendrez, que pour ses années grises
Madame allait prier pour passer toutes ses crises
et ainsi éviter qu’un jour quelqu’un lui dise
Qu’elle aurait pu aimer ces enfants qu’elle méprise

Ils mâchaient une hostie faite de bon réglisse
Et riaient sous la pluie dans les grands immondices
De la cité pourrie où ne vient la police
Que pour les corps sans vie, pour que le sol ne glisse

Un jour la vieille dame tomba sur le trottoir,
et les vilaines âmes l’aidèrent à se mouvoir
Les grands frères s’en mêlèrent, car ils n’étaient d’accord,
pour qu’on cesse la guerre aux vieilles peaux retords

Pour sa plus grande chance, arriva un parent
Qui fit des remontrances, et chassa les enfants
Depuis ce jour la dame
Comprit au fond de l’âme
Que le respect toujours
N’est pas un chant d’amour

Les plaisirs ombrelles
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Elle se souvient du temps, le temps de sa jeunesse
Où un jeune homme charmant l’avait mise en liesse
Pour une promenade, la belle au bois dormant
Son cœur battait chamade et il semblait vivant

Des plaisirs si intenses et des baisers si doux
Que mourir elle y pense, ayant quitté son cou
« Où est passé cet homme qui me faisait vibrer,
Il croquait dans la pomme avec un air enjoué »

Tant de plaisirs on cueille, quand l'on est une dame ;
Collée à la fenêtre, elle pense à son amant.
Avec une larme à l’œil elle croise les jeunes âmes…
« Parfois, les plaisirs ombrelles fondent au printemps ! »

L'amour avec les yeux
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Quelle étrange soirée, au sens très symbolique
Où je pouvais aimer dans un chaudron magique
Le feu était en route, nous étions invités
A aimer quoi qu'il coûte, enfin nous dévoiler

Je ne suis pas parfait, en aurais-tu douté
Toi qui me souriais ma tendre dulcinée
Sur les thèmes imprimés la vie pouvait chanter
Le chant d'éternité aux pleurs desespérés

Deux vieilles âmes se mirent au fond de leur prunelle
Et cessent de souffrir de leur désir charnel
Je me suis mis à nu au nom de notre Amour
Et tu étais émue de sentir la bravoure

Quand tu as étudié mon thème torturé,
en me disant qu'un coeur battait dans ma poitrine,
Que tu m'as demandé, de ne pas en pleurer,
J'ai senti le bonheur que tu sois Mélusine

De retour à la vie, en quittant notre amie,
Nous avons pris un verre car c'est "complément terre"
Le coeur était tranquille, à nous sentir mariés
Enfin le bonheur brille au son du verbe aimer...

Nous avons fait l'Amour dans cette étrange nuit,
en nous mettant à nu sans toucher à nos corps
A moins d'un grand détour ou d'une fin de vie
Nous resterons émus de ne pas être morts

Rêve d’Icare
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S’ébrouer, respirer, les yeux haut vers le ciel,
Regard perçant, puissant, parcouru de frissons
Tumulte déchaîné d’énergies à la force nouvelle
Prêt à bondir, vaillant, dévorant l’horizon…

Le cœur battant, hurlant au fond de la poitrine
Inspiration de feu, l’oiseau déploie ses ailes
Parti, vivant, vivant, et la terre s’incline !
Oui, enfin il le peut, il déchire le ciel

Mais que sont ces nuages aux couleurs si obscures
Qui barrent le passage au bel oiseau si sûr ?
Atterrir, atterrir, avant d’être touché
Je ne veux pas mourir ni même être blessé

Le bel oiseau s’incline en toute humilité
Devant les gros orages menaçant d’éclater
Les frissons dans l’échine ont un peu transformé
Notre animal en cage qui semble bien âgé

Vivre dans le paraître sans oublier la lutte
Il a peur de mourir alors il va chanter
Un autre jour peut-être atteindrons-nous le but
Rêver, et s’endormir ? Eviter d’oublier !

Vision d’horreur
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Il faisait froid partout, les gens riaient, moqueurs,
On se foutait de tout, même des grands malheurs,
Chacun était coupé, dans sa petite bulle,
Et l’on croyait rêver, trouvant tout ridicule

Plus jamais de douceur, plus jamais d’étincelle
Pour réchauffer les cœurs face aux destins cruels
On crachait sur l’Amour avec délectation
Et brûlait dans un four sans moindre compassion

Tout nous était égal, comme parfaits robots
Comme très grands chacals, nous adorions la peau
La peau était plaisir, pas pour l’autre bien sûr
Et le plus grand désir n’était que pourriture

Etait-ce donc la chute d’une belle histoire
Cesserons-nous la lutte contre le désespoir ?
Le vaisseau a tangué, l’humanité souffert,
si elle devait sécher, ici serait l’enfer !

A mon petit coeur Léa
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Mon petit cœur d’enfant, une lettre pour toi
J’ai si peur par moments qu’un jour tu prennes froid
Lorsque tu es là-bas chez ta maman chérie,
Sois forte et ne pleure pas si jamais elle sourit

Parfois je me souviens de cette vieille église,
Où j’étais recueilli mais elle avait bien ri,
Et que souffrant martyre de pareille traîtrise
Je chutais dans les flammes qui consument la Vie

Ange je ne suis plus, mais ferai de mon mieux
Pour que des rires gras ne tuent jamais tes yeux
Dans ce monde si froid aux sentiments crasseux
Où jamais on ne croit qu’on peut être amoureux

Un jour un homme viendra pour prendre enfin ta main,
Mais surtout n’oublie pas que tout n’est pas destin,
N’ouvre jamais la porte à tous les grands « charmeurs »
Qui comme des cloportes en riant broient les cœurs

La grande enfarinade
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C’est l’histoire de simples gens qui savaient bien rire,
De ces rires qui font chaud au cœur, tout simplement…
Ils se sentaient tous entourés de gens aimants
Ignorant qu’un jour ce bonheur devait mourir…

Tout en disant des choses « bêtes », ils le savaient,
le sens du mot était flagrant, mais ils riaient…
Cela fait du bien d’être bête, quand on le sait,
Dans ces beaux rires à pleines dents, aucune larme…

Vint un jour le temps le plus maudit de la vie,
Le temps où l’on ne croyait plus au mot « Amour »
Depuis ce jour, il y a des rires refroidis
Rires moqueurs, rires cyniques, rires de sourds…

Et parfois, parmi ceux qui espèrent encore,
Des rires vrais, mais qui toujours portent la trace
Rires embués, qui ne parlent pour les morts
On se comprend, on est dans un monde de crasse

Les visages enfarinés aux rires gras
Feraient plutôt pleurer si nous baissions les bras
Les cœurs se sont fermés, mais donnons le sourire,
plein de chaleur, sinon nous allons tous mourir…

Marqués du signe de la bête (www) ?
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Voici la bête qui étend ses bras partout,
Tissant l’immense toile à très grande vitesse,
L’humanité frémit et les messages de fous
Hurlant comme chacals plongent dans la détresse…

On interprète un rire, on prête une intention
Nos textes l’on veut détruire pour notre punition
On se croit poursuivi par des visages atones
Qui ne sont pas ici, et souvent même aphones

Marqués en haut du front par les trois double V,
Les internautes chutent en inconscients fébriles
Ils s’enchaînent aux passions qui vont les déchirer,
Et des plus hautes luttes, on a perdu le fil !

Il restera peut-être un infime espoir
Au fond des poésies qui réveillent les cœurs
La bête ne peut paître dans les mots de gloire
de l’Amour infini qui chante le bonheur !