Les textes de Quarkenciel III

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J’ai heurté une colombe

Mais pourquoi ce vol soudain, cette immense nuée,
au milieu du pont sous une pluie à hurler ?
Tu étais là au milieu du chemin, colombe
Je ne pouvais préférer, étant père, la tombe..
Tu m’as rappelée une autre colombe blessée...

Petite Laotienne, un amour platonique,
Qui un beau soir, avait failli fauter, la belle,
Alors qu’en son pays le premier est l’unique
J’avais trente et elle vingt, quelle merveille

Il fallut que la bête mit fin à ses souffrances,
Et aille voir une amie pour la délivrance,
Mais l’atmosphère était tellement glauque et noire,
Chez cette amie qui ne chasse que son désespoir

Que le corps refusa cet outrage lamentable
La sorcière le regarda malicieusement
Il partait. « Mon ami, te mettras-tu à table ? »
Une vengeance inouïe, pour un échange de tourments

La petite fée vint à passer à dessein,
Surprise de voir clignoter le réveil matin,
Dans lequel s’était pris la bête très mal rasée,
Qu’il avait le plus rapidement rebranché

N’en pouvant plus, la bête se mit enfin à table,
et goûta les brûlures du mal, cet incapable
Voyant que la bête, enfin, avait dégusté,
Colombe trouva la paix en le voyant pleurer

Ce petit ange caressa doucement ses joues,
et dit, incroyable, qu’elle comprenait tout à fait
Mais colombe blessée, tu me suivras partout,
Et ton amitié a le parfum des regrets

Ma coyote à croquer

Un rire si doux, un rire d’enfant, à pleines dents,
Des peines de femme, qui perlent doucement à ses yeux,
Mais que toujours elle cache d’un sourire merveilleux,
Ce visage à croquer vit la vie en aimant

Visage poupon, qui toujours attire la tendresse,
Des mains si douces, mon Dieu, qui méritent les caresses,
Des mots tendres pour les uns pour les autres, toujours là,
Cette déesse au grand cœur met le mien en émoi

Humble, elle rit de sa maîtrise de philosophie,
En tirant la langue tel un enfant, jamais aigrie,
Carole, tu es le rayon de soleil de Tours,
Ces yeux étincelants, je les aimerai toujours !

 

Recette du Grand Chef

Prenez un dur à cuire, une vielle peau de vache
Demandez-lui de s’occuper de ses petits oignons,
Faites mijoter à petit feu, qu’il tourne un peu en rond,
Du piment, un peu, de celui qui « arrache »…

Envoyez-le de temps à autres sur les orties…
Ajoutez une petite pincée de sel dans sa vie
Puis noyez-le soudainement sous des larmes salées
De celles qui apprennent à aimer…

Pour qu’il ne soit pas trop aigre ni amer,
Quelques baisers de miel, quelques roses fraîches et entières,
Afin de l’attendrir encore, de petites flambées d’amitié,
Evitez par contre qu’il ne soit trop beurré…

Une bonne cuisson à l’étouffée sera alors recommandée :
oubliez les petits cris, si jamais il se lamentait soudainement d’avoir changé…
Car si par malheur il refroidissait, il deviendrait immangeable,
Et le Grand Chef serait fâché, demoiselles, après ces efforts pour le rendre aimable !

L’eau en feu

Un cœur en or, presque d’enfant, un corps de femme,
Une sensualité muée en amitié,
Des yeux plissés qui disent je t’aime, j’écoute ton âme,
Mais pour être indemne, il te faudra m’oublier

Je ne peux bien aimée ! L’eau de tes yeux me brûle,
Quand elle contredit ce sourire qui dit merci,
chaque fois que je te dis : tu es libre, libellule,
Libre d’aimer qui tu veux, et d’être mon amie…

Il est une libellule, qui m’avait laissé là,
Dans une énorme bulle où régnait le grand froid,
Je te le dis, amour, tu peux m’en libérer,
Et enfin avec moi, danser l’éternité…


L’amie jalouse

Tu voulais faire de notre amitié une bouée,
Bouée d’oxygène, amie, qui pleure maintenant,
Tu m’avais dit « pars, ou bien reviens, sois heureux »
Mais ne supportes pas que je sois amoureux…

Je croyais de tout cœur en ta sincérité,
Mais tes chantages au suicide m’ont bien décidé
A me réserver à celle dont je suis épris,
Et qui est si jolie, quand elle me sourit…

Amie jalouse, qui ne désirait qu’être aimée,
Ta peine m’émeut mais ne pourra me dévier,
De ce chemin qui mène à la vie enchantée,
Où le soleil brille, de toute éternité…

Dans une eau cristalline…

A la claire fontaine, s’en allant promener,
Petite demoiselle en peine, émerveillée
Par l’eau cristalline où son visage se mirait,
Tenta simplement d’un doigt toucher son reflet…

Mais l’eau, en tourbillons, fut tout à coup brouillée !
Capturée par les vagues, elle fut hypnotisée…
Qui était donc cette femme, au cœur désenchanté ?
Elle comprit dans son âme, ce que veut dire aimer…

 

Pluie de conscience

Il pleuvait, Il l’avait décidé sûrement
Les récoltes étaient fichues, la terre, détrempée,
Sa tristesse, Son courroux devaient être Ses tourments,
Fort juste serait donc la punition infligée…

Un beau jour, on déclara la guerre à la Science,
Honnis tous les hommes qui observaient en silence,
Une terre insensible à leurs histoires de cœur,
D’une logique implacable, qui emplissait de peurs

Puis on lui bâti un trône, grande fut sa gloire
Elle rayonna sur le monde, porteuse d’espoir,
Libres seraient les hommes qui en elle croiraient,
Et la moindre « petite voix » étoufferaient…

Qu’une émotion soit ressentie dans un regard,
Leur cerveau se mettait à chercher de toute part,
Comment l’oublier, redevenir rationnel,
Etre objet, non sujet, était être fidèle…

Ainsi étaient leurs prières pour prendre la fuite,
Fuite de leur misère, de nouvelles peurs non dites…
Car l’idée qu’ils pourraient ne pas être des objets
Est le pire cauchemar de leur vie creuse sans regrets…

La conscience est une pluie qui inonde l’univers,
Et ouvre telle une scie les cœurs les plus amers…

Oins de la moelle des émois

Dans leurs ardents ébats, douceur et volupté,
Dans le présent des émois, chaleur irradiée,
Les corps frissonnants s’entrelacent dans une danse
Où sont morts le temps, l’espace et toutes leurs errances…

L’un dans l’autre, fusionnés, les deux anges sont perdus,
Eloignés, rapprochés, ils continuent la chute,
Vers les flammes aimées des étranges impromptus,
Et oins de la moelle des émois, les deux cœurs luttent…

Ces suaves caresses et ces langues endiablées,
Ces mélanges de tendresse, de désirs partagés,
Epuisent doucement leurs forces, et avant le sommeil,
Nos anges, cœur rompant le torse, à l’amour s’éveillent…

Un homme à la mère !!!

Des prétendantes décortiquées telles des crevettes
Que la maman trouvait trop laides ou bien trop bêtes
S’empressaient évidemment de faire la girouette
A force de la voir mettre le nez dans leurs emplettes

La maman amoureuse faisait hurler les nerfs
de la progéniture malheureuse… Drôle de guerre !
Quelle tendance fâcheuse d’en être une femme fière,
Voilà bien idée curieuse, « un homme à la mère » !!!!!

Voyant que chaloupe tanguait, enfin il l’arrête
il courut vers la poupe, l’affolé, l’omelette,
ou douce soupe qu’aimait... Une gentille calculette,
qui lui offrit sa croupe, pour qu’il lui dise « chouette » !

Maintenant il est « alone », mais il n’est pas amer,
Ce garçon un peu « stone » qui ne touchait pas terre,
car il n’est pas aphone et plutôt fier d’être père,
C'en est fini du trône, pour « un homme à la mère » !...

La leçon mystérieuse

Il traçait au tableau de grands cercles à la craie
Et rirait des ados avec son air hautain
De grands cercles concentriques pour les pauvres dadais
Qui de l’histoire Antique ni des Maths n’avaient faim

Ce professeur narquois demanda « Que lit-on » ?
Ronds du bonheur, au choix, ou des mots qui écœurent ?
De quelle hauteur, dites-moi, peut tomber un ballon
Qu’on lâche sans peur de là ? Et toi, pourquoi tu pleures ?

Qui donc crains-tu, petit, fainéant et têtu ?
Fais de nouveau le gai, puisque souvent tu l’es
Si tu fais le perdu, ne me crois pas ému
Vrais sont les gros niais, or un nigaud tu es

Sans peur et sans émoi, tu peux partir, oui, toi
Au lieu d’attendre ici, d’attendre je ne sais qui,
Qu’un grand et bon miracle, te sauves, toi qui doutes as
Qu’heure soit un obstacle pour qui avait appris…


Qui trouvera la leçon mystérieuse

Emballée

Emballée, la voilà bel et bien emballée,
Il l’a charmée, sans foi, celle qui est une fée,
Empaquetée, la voix, frêle et enchantée !
S’est acharné, cent fois, qu’elle crie envoûtée…

Belle cage dorée pour notre bel oiseau
Cette sage coincée sourira de l’étau
Quelle rage hurler, quand elle le trouve beau ?
Sept images d’été danseront sur sa peau…

Il s’en ira, bientôt, la laissera rêver,
Il tirera chapeau, et lui dira d’aimer,
Mon grand paquet cadeau, tu m’as bien enchanté,
Mais c’est un grand fardeau, une femme emballée…

Coquine abeille », disent-ils !

Avec un air tranquille, voici notre coquine
Elle aime les pistils, petite abeille butine…
Monsieur ce soir plaît-il ? Et ta mine, et ta mine ?
La trouverait bien vile ? Ou bien plutôt très fine ?

L’esprit est fort, la chair faillible, et vive le miel,
Sourient aux corps, enserrent leur cible, quel jeu cruel,
Quand on croise des yeux amoureux à sa guise
Qui ne toisent ni ne brisent les heureuses gourmandises !

Oh, petit champignon, je veux me poser là,
car vous êtes mignon, les fleurs je n’y crois pas !
Et voilà le champion, qui grandit comme un roi,
Finies les émotions, ils sourit en émois…

« Coquine abeille », disent-ils, en donnant de leur bruine,
« Les grandes merveilles » enfilent les gants des capucines
Déversent leur fiel, tranquilles, quand est partie l’ondine
Comme si le ciel, fébrile, n’avait pas vu leur mine !