Les textes de Quarkenciel II

Retour accueil
L’arbre mal aimé

L’arbre mal aimé avait pourtant continué d’espérer,
Il cherchait en lui quelque force de vie pour encore donner quelques fruits,
Juste la joie de donner, même s’il devait s’épuiser,
De cette terre ingrate se dit-il, je ferai un paradis…

Vint à passer gros orage, qui souleva ses racines,
Mal nourries décharnées, déchirant ses branches en sanglots,
en colères, jaillissant sur les autres en blessures assassines,
Evanoui le rêve de douceur, d’harmonie, le désir d’aller plus haut…

Dans les flammes qui désormais lui reviennent
S’éteint maintenant le cri du décharné en peine,
Sans eau à présent il béni les présents des oiseaux de passage
Qui le regardent parfois avec quelque pitié en lui disant « courage »…

La tendre amie


Pensée pour toi mon amie, à qui j’ai souri,
Et qui après les larmes a partagé de sa vie,
Pour finalement sécher les miennes avec tendresse,
Et dans son lit bouillant connaître un peu la liesse..

L’homme n’est pas de bois, m’a fait cette tendre amie,
Qui aime les émois du maintenant, de l’ici,
Certes mon amie, mais garde-toi je t’en prie
De ces affres terribles : la peine, la jalousie…

Dans cette ambiguïté, douceur et volupté,
Oublions les douleurs, le futur, le passé
Que nos mains qui se touchent s’emplissent du feu sacré,
Que la torride couche résonne de l’amitié…

Petit clin d’œil au pourfendeur « d’amoures virtuelles »,
Tu étais assise à une terrasse bien réelle,
Sachant que jamais nous ne serions amoureux,
Tu m’as dit vas, ou bien reviens, mais sois heureux…

Ma tendre amie, qui au centuple me rend la vie,
Je tenais juste par ces mots à te dire merci…

Noces célestes

Tu ne cessais de naître dans tes pleurs, ta douleur,
éloignée du paraître, mille questions sur Ton cœur,
Ne sachant qu’un jour, nous entrerions dans la danse
des noces célestes mon amour, qui toutes les plaies pansent…

Petite créature, qui souvent n’en peut plus
De la cruelle nature, qui parfois T’as émue,
Rappelle-toi la douceur de ces temps enchantés,
Où Tu étais portée, simplement protégée…

Parfois c’est vrai, Tu n’étais point désirée
Par cette femme qu’un homme avait juste enlacée,
Mais à présent écoute ceci : libres sont les Hommes,
Et cette liberté est l’histoire de la pomme…

Dans les mystères qui parfois rendent fou, J’ai mis,
Ce qui est nécessaire pour retrouver l’Eden,
Des clés dans l’Ether, et des traces d’espoir ici,
Mets fin à cet enfer, et vivons ce « je t’aime »…

Nos noces célestes ne prendront plus jamais fin,
Si Tu acceptes de mourir, par Moi, Tu vivras,
Dans une étreinte que nul n’imagine, écoute bien :
Je vis en Toi, Tu vis en Moi, l’Amour est là…

Petit ange sous la pluie

Sous cette pluie battante, le petit ange ferme doucement ses yeux
En laissant l’eau ruisselante, emporter l’emprunte de ses vœux,
Son cœur n’est plus à prendre, car dans la tourmente, il a perdu le sien,
Et seule pourrait lui rendre la personne qui le fit battre un matin…

Aux gens qu’il croise encore sur son chemin, il sourit tendrement,
Pour se cacher enfin lorsqu’ils sont loin et pleurer comme l’enfant
Qui ne comprend pas pourquoi il est né dans cet étrange monde
Où partent les êtres aimés, comme ces vagues dans les flaques, comme ces ondes…

Marche doucement dans les rues de la ville, ne voyant que ses pieds,
Par tant de reflets sur les pavés, le voilà hypnotisé,
Son esprit, telle une colombe, vole vers le plus bel havre de paix,
Vers une terre féconde, où l’amour serait roi, et à jamais…

Petit ange qui se consume des larmes brûlantes de la vie,
Ce monde n’est pas ici, mais si dans tes yeux subsiste la lumière,
Garde la force d’aimer encore et surtout ne sois pas amer,
Car bel et bien morts mon ami, sont les gens qui se sont aigris…

Lucioles fébriles

Dans ces chapelets de lumière qui brillent la nuit,
Maisons joyeuses, chaleureuses où coule la vie,
Ou théâtres malheureux des espoirs déçus,
Une myriade de gens qui méritent d’être connus

Mais ils ne sortent plus dans les rues de la ville,
Lorsque le froid, la pluie ou le vent ont pris place,
Si parfois dans leurs yeux, l’amour, l’amitié brille,
Souvent derrière des écrans ils restent de glace…

Mais quel est donc ce fou qui se ballade encore,
Cherchant désespérément l’envers du décor ?
Peut-être croit-il toujours à une humanité
Pour qui les sentiments sont une réalité ?

Lucioles fébriles qui vaquent à leurs occupations,
Reviendrez-vous dans le monde sans cloison ?

Bel Adonis

Fuyant regards, il était là, bel Adonis
A côté de l’élue de mon cœur, souriante
Eut-il fallu que pareil affront je subisse
Pour que la demoiselle se montre un peu aimante ?

« Ca va mon jef ? » s’enquit le papillon volant
Me voyant lui serrer sa main en prince charmant,
« Oui ma bien aimée, vogue dans tes rêves sucrés
Je survivrai malgré toi, et serai aimé »

Ce ne fut qu’en pensée, mais elle n’eut qu’un sourire,
Insondable expression, je jardine en secret,
Dans les sommets célestes où les cœurs ne soupirent
Que pour l’humanité qui ne connaît la paix…

Paix de l’âme et du cœur, loin de l’hypocrisie…
Avec moi il ne voulait trinquer cet ami,
Alors qu’en moi j’avais vraiment renoncé
Me disant que belle dame l’avait préféré…

Toujours plus haut s’envolera le goéland,
Oui il s’en va, mais pas vaincu, loin du néant,
Déchirant le ciel de ses deux ailes immenses,
Il cherchera sa belle pour entrer dans la danse…

Bel Adonis au regard sombre, la main fuyante,
Ne ressens plus la gêne, car elle t’est toute acquise,
Papillon je pense ne sera pas mon amante,
Ne connaîtra pas avec moi la danse exquise…

Un jour je le vivrai ce balais, cette danse
Des deux cygnes enlacés, dans une romance
Où le présent sera enfin éternité,
Soyez heureux tout simplement si vous aimez…

Espoir

Mais où sont les couleurs chatoyantes à présent ?
Tombe le noir manteau de la nuit lentement…
Mais où sont les étoiles qui brillaient dans le ciel ?
Coule en torrents violents la pluie sourde et rebelle

Des merles, des moineaux, je n’entends plus les chants,
Pourquoi ces ombres sinistres sur les arbres maintenant ?
Les éclairs se déchaînent tels des zèbres affamés,
Petit fétu de paille, tu seras balayé !…

Que reste-t-il de tes amours et de tes rires ?
Un vide béant qui donnerait envie de mourir
Si jamais tombait dans l’oubli ce mot « espoir »,
Reviendra le soleil, lâche donc tes amarres !

La danse des sourires

Dans ses yeux pétillants, un sourire charmant,
Ne pouvoir l’embrasser, le plus dur des tourments,
Ses nattes tressées, des lianes, pour mieux me piéger,
Sa veste sur mon dos, plus que de l’amitié…

« Je t’adore tu sais, mais ne suis pas amoureuse.
Et même quelques fois j’aimerais t’embrasser.
Tu mérites sais-tu, ami, une vie heureuse »
Dit belle demoiselle à son amour terrassé

Par Adonis son cœur n’était pris ! Elle riait,
De savoir que son valet s’était fait des idées,
Et comme il lui fit savoir que bête il était,
Elle acquiesça, riant de plus belle, cette fée..

De ce sourire qu’il aurait voulu retenir,
Serrer contre son cœur, pour ne jamais partir …
Pourtant prise de remords elle le questionna,
Afin de s’assurer qu’il était en état…

« Mais j’adore te voir rire », dit l’homme à sa fée,
Les yeux emplis d’amour, cent fois renouvelé !
« Tu es vraiment un cœur », dit-elle, les yeux plissés…
Il lui rendit sourire, les yeux humidifiés…

« Je voudrais faire de la danse, mais pas toute seule.
La plupart des hommes hélas, je sais ce qu’ils veulent,
Mais en toi j’ai confiance, viendras-tu avec moi ? »
Quelle question ma romance, tu me mets en émois !

Pluie de conscience

Il pleuvait, Il l’avait décidé sûrement
Les récoltes étaient fichues, la terre, détrempée,
Sa tristesse, Son courroux devaient être Ses tourments,
Fort juste serait donc la punition infligée…

Un beau jour, on déclara la guerre à la Science,
Honnis tous les hommes qui observaient en silence,
Une terre insensible à leurs histoires de cœur,
D’une logique implacable, qui emplissait de peurs

Puis on lui bâti un trône, grande fut sa gloire
Elle rayonna sur le monde, porteuse d’espoir,
Libres seraient les hommes qui en elle croiraient,
Et la moindre « petite voix » étoufferaient…

Qu’une émotion soit ressentie dans un regard,
Leur cerveau se mettait à chercher de toute part,
Comment l’oublier, redevenir rationnel,
Etre objet, non sujet, était être fidèle…

Ainsi étaient leurs prières pour prendre la fuite,
Fuite de leur misère, de nouvelles peurs non dites…
Car l’idée qu’ils pourraient ne pas être des objets
Est le pire cauchemar de leur vie creuse sans regrets…

La conscience est une pluie qui inonde l’univers,
Et ouvre telle une scie les cœurs les plus amers…

Oins de la moelle des émois

Dans leurs ardents ébats, douceur et volupté,
Dans le présent des émois, chaleur irradiée,
Les corps frissonnants s’entrelacent dans une danse
Où sont morts le temps, l’espace et toutes leurs errances…

L’un dans l’autre, fusionnés, les deux anges sont perdus,
Eloignés, rapprochés, ils continuent la chute,
Vers les flammes aimées des étranges impromptus,
Et oins de la moelle des émois, les deux cœurs luttent…

Ces suaves caresses et ces langues endiablées,
Ces mélanges de tendresse, de désirs partagés,
Epuisent doucement leurs forces, et avant le sommeil,
Nos anges, cœur rompant le torse, à l’amour s’éveillent…