Les textes de Quarkenciel XII

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Aux chants qui meurent
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Sur le plus beau navire en hymne sur les flots
Le cœur battant chavire et tire son chapeau
Il était doux, il était fou
L’homme à la fleur aux chants de l’heure
Juste là pour s’offrir, devenir un cadeau
Pour voir le beau sourire, un baiser sur la peau
Parfums dissous, baisers au cou
Portant le cœur, rires charmeurs
Quelques mots pour le dire, écoute les oiseaux
Je veux te voir fleurir, viens sur mon grand bateau
Il était tout, l’homme trop fou
Pour son bonheur, le sien se meurt
Tous les secrets désirs de la femme au chapeau
Il voulait accomplir pour brûler le flambeau
Il faisait tout, l’homme dissout
Pour son malheur, elle l’écoeurt
Il se mit à souffrir de n’être qu’un cadeau
Elle le fit partir ne le trouvant plus beau
Son cœur trop mou en cris de loup
Se mit en pleurs, fanées les fleurs
Sur le plus beau navire un hymne s’était clos
Le chapitre à offrir à la dame au chapeau
L’homme trop doux recherche un nous
Laissant la fleur aux chants qui meurent…

Volcan couvert de grêle (pantoum)
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Il pleut des valses belles en rires suspendus
Dans le creuset des jours au doux son des aimés
Un grands vols d’hirondelles et des gestes émus
Aux violons de l’amour un chant d’éternité

Dans le creuset des jours au doux son des aimés
S’avance à pas perdus la tendre jouvencelle
Aux violons de l’amour un chant d’éternité
Sourires entendus, les deux cœurs qui se mêlent

S’avance à pas perdus la tendre jouvencelle
Ils dansent envoûtés, aux autres ils sont sourds
Sourires entendus, les deux cœurs qui se mêlent
Une fois rapprochés, ils perdent leurs contours

Ils dansent envoûtés, aux autres ils sont sourds
Au son du violoncelle, mettent leurs corps à nu
Les valses endiablées en symphonies d’amour
Volcan couvert de grêle, frissons d’âmes émues

Au son du violoncelle mettent leurs corps à nu
C’est la valse d’amour, serpents entremêlés
Volcan couvert de grêle, frissons d’âmes émues
Dans le creuset des jours s’agite un verbe aimer…

Jean-François d’Angelo, 27/5/2005

PS : un pantoum est un poème où le premier vers de la strophe suivante reprend le second vers et où le troisième vers reprend le quatrième

Le bouton d'or (conte)
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Elle était si heureuse
Au temps de l'Amour roi
Quelle histoire facheuse
Où son beau coeur prit froid

Marchant sur les sentiers
Où bourdonne l'abeille
Déversa ses années
en pleurs violoncelle

Les larmes coulent
Comme des diamants
La vague roule
Au chant des amants

Dans les herbes amères
Un bouton d'or sucré
Poussa en belle terre
Sur ces temps regrettés

Se penchant doucement
Cueilli la fleur en larmes
Qui lui offrit son sang
Pour lui emplir son âme

Pluie d’étoiles
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Dieu ! Ce soir l’Amour se fait pluie
Vers le ciel se tournent les yeux
Et dans le cœur danse la vie
Les étoiles tombent des cieux
Plus jamais de cris, de souffrances
Les Hommes enfin réunis
Les anges pour la délivrance
Célèbrent les moments bénis
Vois ! Le collines reverdissent
Viennent les temps du pardon
Tombent dans les bras et frémissent
Emplis d’une belle chanson
Chante la Vie dans l'Eglise
Le temps de la résurrection
Souffle une légère brise
Qui vient nous caresser le front…
Le banc pleurant
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Il n’était plus un enfant
Et dans son cœur l’amertume
Le soleil était mourrant
Il avançait dans la brume

La poésie s’était tue
Et dans un vide béant
Ses grands yeux perdaient la vue
Il se moquait tout le temps

Il passa près d’un clochard
Au fond de son cœur en lutte
Le pincement de l’espoir
Joua encor de sa flûte

Il ferma les écoutilles
Pour que se taise son cœur
Que m’importe ces broutilles
« La mélodie du bonheur »

Avance en traînant les pieds
Et tombe sur une pièce
Entend le clochard pleurer
Mais ignore cette « espèce »

Arrive à une boutique
Pas très loin du banc pleurant
S’achète un bonbon qui pique
Et s’éloigne en mâchonnant

Passe devant un enfant
Dont on casse la figure
Sent encor le pincement
Mais s’éloigne à toute allure

Traverse une vieille dame
Très loin du coin protégé
Il ressent au fond de l’âme
Le pincement redouté

Un long crissement de pneus
Voici que surgit le drame
Maintenant son cœur prend feu
Tout à coup il fond en larmes

La dame mourante appelle
Dit dans un souffle haletant
Ouvre grandes tes oreilles
Je ne suis pas un parent…

Sens le grand soleil qui brille
Ecoute ces pincements
Et si jamais tes yeux cillent
Repense à tous ces moments

Souviens-toi de ce clochard
Et souviens-toi de la pièce
De l’enfant au désespoir
Et de la dame en détresse

Je ne veux plus que tu pleures
Sache mon petit enfant
Que même si je me meure
Je t’aimerai tout le temps…

Soleils noirs
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Fantôme noir égaré sur une falaise sombre,
Les pieds dans le vide,
Déchirure assassine
Au bord de l’Apocalypse
Vents hurlants au-dessus des pointes de granit,
Brûlé de l’intérieur,
Vacillant,
Plaies à vif dans un silence geignant.
Les rires doux sont des colombes mortelles
Quand ils rencontrent le voile noir de la mélancolie,
Tous les efforts se referment comme des livres trop lourds,
Exploser comme une super nova,
Retomber comme une pluie de glace bleue
Sur un sol de soupirs roses,
A mi chemin entre vide et folie...
Quelle langue est la bonne,
Quand la vie foudroie de soleils noirs,
Bouches émaciées où se digère le gris de la pluie ?

Sous les feux de l’aimer
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J’irai au bout des étoiles, chercher le baiser rose
J’irai plus loin que tout, pour la trouver éclose,
L’espoir est une force, une longue pluie d’ors
Déferlant sur la terre, le plus doux des accords

J’irai chercher la lune et dans ma main tremblante
La poserai sans bruit pour la lui amener,
Je soufflerai dessus, un long souffle argenté
Et notre nuit d’amour sera vague troublante

Serait-elle comète, chevelure aux vents roux,
Qu’importe si elle file, je me ferai plus doux,
Nous vivrons un voyage en douce anamorphose

J’irai cueillir les sens, les baisers de l’été
Qui glissent sur la peau et la métamorphose
Viendra enfin un jour sous les feux de l’aimer...

Jean-François d’Angelo, 11/4/2006

Les bonnes gens
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Avec leurs grands sourires,
Les bonnes gens vous souhaitent le meilleur,
Quitte à pourrir
La perle de votre cœur,
Avec leurs grands sourires,
Ils viennent vous polluer,
Et dans les eaux saumâtres,
Vous tentez de nager,
L’amour devient un plâtre,
Ne reste qu’à pleurer.
Ah Dieu qu’ils sont sincères
Les vœux de grand bonheur,
Mais vive l’herbe amère
Quand ils polluent le cœur,
Un peu de croustillant
Pour consoler leurs peines,
Les gros bisous collants
Quand la tristesse est reine,
Ah, les bonnes gens,
Les bonnes gens aux grosses bises
« Soyeux heureux, aimants,
Mais votre amour me brise ! »