Les peupliers
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Sous le soleil deux curs serrés comme une tendre danse
Rien nest pareil au verbe aimer quand on goûte à
la chance
Sous les allées de peupliers une tendre romance
Ils vont rêver et puis saimer sans connaître labsence
Et le parc était plein de ces amours radieux
Magnifique destin que ces détours crémeux
Jai croisé quelques pleurs sous les allées boisées
Jaurais donné bonheur aux âmes esseulées
Mais quand surgit la peur moi je ne peux qualler
Tout loin dici ailleurs loin des vieux peupliers
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Soupirs dOpale
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Soupirs dOpale et brume, doux lichens sur les pierres
Dansant chandail de lune où les peines sont fières
Avançant dans la nuit sous la lueur fébrile
En aimant sans un bruit toutes les heures scintillent
Petits pas sur la mousse auréolé de lait
Les champignons y poussent, amanite et bolet
Sous les rayons lunaires en symphonie mystique
Des vibrations mystère enveloppent en tuniques
Une étrange vapeur entoure les bosquets
Et tout au fond le cur bat comme un feu follet
Cri de hibou lointain, déchirement des bois
Pluie dentre-nous, demain, quand le doux temps viendra
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Lune rousse
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Lune rousse en volutes habillée de brouillard
Lâme douce qui chute au gué dun rêve noir
Les grenouilles coassent en chant mélancolique
Et se brouille et sefface un entre-temps magique
Comme une pulsation qui berce lâme en peine
Cest une invitation où perce lanathème
Les doux coassements sont un profond délice
Quand la lune est de sang et lhorizon desquisse
Lune rousse dansante au gré de ses nuages
Tu nous touche en amante et fais de grands présages
Dans la plaine qui luit de tes lueurs de sang
Doucement sans un bruit tu fends nos curs battants
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Rêves desquisse
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Douce folie que ces rêves desquisse
Pourpre joli sur ces langues qui glissent
Des baisers veloutés saupoudrés sur les temps
Etincelles sucrées susurrées curs battants
Supplique délicieuse, enveloppe de roses
Sur lîle des rêveuses une syncope éclose
Illumine lamant au regard qui scintille
Dans lultime présent de ce soir qui vacille
Suaves caresses, baisers dans le cou
Vagues dans la liesse, aimer comme un fou
Les baisers veloutés ont envoûté les temps
En rêveries nacrées de soie drapée damants
Tunique si rêveuse en ondes qui se posent
Sur lîle ici précieuse des ombres qui explosent
Tourbillonne lamant en un phare qui brille
Sabandonne présent dans lespoir qui oscille
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La foule
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Marcher dans une foule en se laissant porter
Tel un fétu de paille, au bel ostinato
Secoué par la houle en petits pas dansés
Le rêve ému déraille et coule son bateau
La foule est folle, où suis-je où vais-je
La farandole, amie abrège
Tous les chagrins, quelle dissout
Memporte loin, Très loin de tout
La foule nous emporte en vagues successives
Et lon nest quune goutte immergée et dansante
Nos tréfonds nous exhortent à se montrer rétive
La fusion lon redoute en goutte deau pensante
La foule est folle, où suis-je où vais-je
Je roule et vole et danse en neige
Tous les chagrins quelle dissout
Sen vont au loin, loin chez les fous
Dans cette foule folle où le moi se dissout
Aucune solitude à condition de vivre
La douce farandole emporté par le tout
Comme lInfinitude où notre âme senivre
La foule est folle, où suis-je où vais-je
Si je menvole, amis aurai-je
Droit un matin à des mots doux
De tendres mains, de tendres « nous » ?
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Là sur le coin dun banc
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Là sur le coin dun banc
Où lon sentait le vent
Quelques rires entiers
Des moments damitié
Il faisait beau et dans nos curs
Tout les grands maux, les grands malheurs
Glissaient sur leau, oublions lheure
Beaucoup trop tôt pour une fleur
Là sur le coin dun banc
Où les tendres amants
Se donnaient des baisers
A faire chavirer
Le temps sétire et lâme lasse
Ne peut sunir sur cette place
Où donc finir, qui donc remplace
Les doux saphirs refont surface
Juste quelques moments
Pour oublier le vent
Qui venait nous hanter
Par les plus beaux étés
Le temps est dor mais lâme crie
Là tout au bord de linfini
Elle ressort, quelle infamie
Sans un trésor, sans cur qui luit
Là sur le coin dun banc
Parfois rêves damants
Viennent soudain hanter
Les moments damitié
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La danse des épris
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Souffle ténu qui danse ici
Sur lair ému de nos folies
Tu nous emporte en tourbillons
Dans la cohorte à lhorizon
Cest la danse dici
La danse des épris
Des plus tendres chansons
Où volent papillons
Je ne sais plus où est la vie
Les airs déçus ont tout repris
Ouvre la porte, ouvre le fond
Toi qui exhorte à faire front
Cest la danse de pluie
La danse de folie
Que les grands fanfarons
Narguent sans pantalon
Quand est ému un homme qui
Etait déçu, certains sourient
Pauvres cloportes, avides et ronds
Vos airs ressortent en vrais cochons
Cest la danse de nuit
La danse des fruits
Des plus folles passions
Qui partirent dun bond
Souffle ténu qui danse ici
Je reste ému de mes folies
Même si les plus grands frissons
Sont partis loin à lhorizon
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La vie à deux parfois
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La vie à deux parfois, cest endurer les cris
Et face au désespoir trouver la force encore
De rester toujours là, « à toi je te sourie »
Acquiescer sans vouloir, sourire même mort
La vie à deux parfois, cest la désillusion
Souffrir des grands défauts enfouis sous un je taime
Se dire que lon croit à la belle passion
Sourire comme un sot en ravalant nos peines
La vie à deux parfois, cest être rejeté
Trouver les heures fades en regrettant le temps
Où lAmour était roi sous les plus beaux étés
Perdues sont les naïades et les rires chantants
La vie à deux parfois, cest le grand quotidien
Avec son air banal qui mine les instants
Où lon rêve et lon croit à meilleurs
lendemains
Les heures sont létales et le cur en tourments
Je suis seul et me dis que je suis épargné
De vivre ces instants où la gorge se serre
Ces instants de folie où le doux verbe aimer
Se fait terrible vent et la vie très amère
Ce nest pas chose à dire et les tendres amants
Vous parleront toujours de leurs tendres idylles
« Le cur est à offrir, ignorez les tourments »
Mais je vois que lAmour nest pas toujours subtile
La vie à deux parfois est très loin de nos souhaits
Cest une vérité que peu pourraient entendre
Lamour na pas de loi, tel un vrai feu follet
Il peut se retirer, avis aux curs à prendre !
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A quelques pas perdus
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Manger tout seul au restaurant
Chérir les feuilles sous le vent
Et marcher dans la rue
Sans amour éperdu
Aller tout seul au cinéma
Quel beau fauteuil qui tend les bras
Dun rien paraître ému
Ne pas être déçu
Rire tout seul au bon vieux temps
Rires quon cueille à pleines dents
Et chercher dans la rue
A retrouver la vue
Chanter tout seul, torse bombé
Ô mes aïeuls, tout est passé
Mais non je nai pas bu
Ma vie nest pas perdue
Ecrire seul quelques poèmes
Sous un tilleul graver je maime
Ah mais si javais su
Pour un meilleur vécu
Voici lécueil à éviter
Sinon tout seul vous finirez :
Ne dites pas « je taime,
cest le plus important »
En ravalant vos peines
et vous faisant charmant !
Marcher à deux dans la ruelle
Plaisir des dieux, âmes jumelles
Un je taime entendu
Ne sera pas déçu
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Lesprit de la forêt
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Lesprit de la forêt chuchote doucement
Il faut tendre loreille et sarmer de patience
Il livre ses secrets transmis au gré du vent
Ses amies les abeilles en connaissent la science
Parcourant les chemins, vous trouverez un jour
Une belle clairière, où les coquelicots
Se mêlent au dessin, faites-y un détour
Ici est le mystère au-delà de tout mot
Lesprit de la forêt se trouve le matin
Quand la rosée caresse en larmes les pétales
Abreuve les bolets et les bouquets de thym
Pour lui les fleurs renaissent et ouvrent grand le bal
Son murmure est un chant, celui dune rivière
Des mélodies doiseaux, des ombres dans le ciel
Si vous êtes patient et aimez notre terre
Vous entendez ses mots plus doux que tous les miels
Lesprit de la forêt vous chantera bonjour
Et votre cur ouvert écoutant sa musique
Connaîtra les secrets tout autour de lamour
Invité sur sa terre où tout est féerique
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