Les textes de Quarkenciel XI

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Les peupliers
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Sous le soleil deux cœurs serrés comme une tendre danse
Rien n’est pareil au verbe aimer quand on goûte à la chance
Sous les allées de peupliers une tendre romance
Ils vont rêver et puis s’aimer sans connaître l’absence

Et le parc était plein de ces amours radieux
Magnifique destin que ces détours crémeux

J’ai croisé quelques pleurs sous les allées boisées
J’aurais donné bonheur aux âmes esseulées
Mais quand surgit la peur moi je ne peux qu’aller
Tout loin d’ici ailleurs loin des vieux peupliers…

Soupirs d’Opale
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Soupirs d’Opale et brume, doux lichens sur les pierres
Dansant chandail de lune où les peines sont fières
Avançant dans la nuit sous la lueur fébrile
En aimant sans un bruit toutes les heures scintillent

Petits pas sur la mousse auréolé de lait
Les champignons y poussent, amanite et bolet
Sous les rayons lunaires en symphonie mystique
Des vibrations mystère enveloppent en tuniques

Une étrange vapeur entoure les bosquets
Et tout au fond le cœur bat comme un feu follet
Cri de hibou lointain, déchirement des bois
Pluie d’entre-nous, demain, quand le doux temps viendra…

Lune rousse
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Lune rousse en volutes habillée de brouillard
L’âme douce qui chute au gué d’un rêve noir
Les grenouilles coassent en chant mélancolique
Et se brouille et s’efface un entre-temps magique

Comme une pulsation qui berce l’âme en peine
C’est une invitation où perce l’anathème
Les doux coassements sont un profond délice
Quand la lune est de sang et l’horizon d’esquisse

Lune rousse dansante au gré de ses nuages
Tu nous touche en amante et fais de grands présages
Dans la plaine qui luit de tes lueurs de sang
Doucement sans un bruit tu fends nos cœurs battants

Rêves d’esquisse
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Douce folie que ces rêves d’esquisse
Pourpre joli sur ces langues qui glissent
Des baisers veloutés saupoudrés sur les temps
Etincelles sucrées susurrées cœurs battants

Supplique délicieuse, enveloppe de roses
Sur l’île des rêveuses une syncope éclose
Illumine l’amant au regard qui scintille
Dans l’ultime présent de ce soir qui vacille

Suaves caresses, baisers dans le cou
Vagues dans la liesse, aimer comme un fou
Les baisers veloutés ont envoûté les temps
En rêveries nacrées de soie drapée d’amants…

Tunique si rêveuse en ondes qui se posent
Sur l’île ici précieuse des ombres qui explosent
Tourbillonne l’amant en un phare qui brille
S’abandonne présent dans l’espoir qui oscille

La foule
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Marcher dans une foule en se laissant porter
Tel un fétu de paille, au bel ostinato
Secoué par la houle en petits pas dansés
Le rêve ému déraille et coule son bateau

La foule est folle, où suis-je où vais-je
La farandole, amie abrège
Tous les chagrins, qu’elle dissout
M’emporte loin, Très loin de tout

La foule nous emporte en vagues successives
Et l’on n’est qu’une goutte immergée et dansante
Nos tréfonds nous exhortent à se montrer rétive
La fusion l’on redoute en goutte d’eau pensante

La foule est folle, où suis-je où vais-je
Je roule et vole et danse en neige
Tous les chagrins qu’elle dissout
S’en vont au loin, loin chez les fous

Dans cette foule folle où le moi se dissout
Aucune solitude à condition de vivre
La douce farandole emporté par le tout
Comme l’Infinitude où notre âme s’enivre

La foule est folle, où suis-je où vais-je
Si je m’envole, amis aurai-je
Droit un matin à des mots doux
De tendres mains, de tendres « nous » ?

Là sur le coin d’un banc
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Là sur le coin d’un banc
Où l’on sentait le vent
Quelques rires entiers
Des moments d’amitié

Il faisait beau et dans nos cœurs
Tout les grands maux, les grands malheurs
Glissaient sur l’eau, oublions l’heure
Beaucoup trop tôt pour une fleur

Là sur le coin d’un banc
Où les tendres amants
Se donnaient des baisers
A faire chavirer

Le temps s’étire et l’âme lasse
Ne peut s’unir sur cette place
Où donc finir, qui donc remplace
Les doux saphirs refont surface

Juste quelques moments
Pour oublier le vent
Qui venait nous hanter
Par les plus beaux étés

Le temps est d’or mais l’âme crie
Là tout au bord de l’infini
Elle ressort, quelle infamie
Sans un trésor, sans cœur qui luit

Là sur le coin d’un banc
Parfois rêves d’amants
Viennent soudain hanter
Les moments d’amitié…

La danse des épris
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Souffle ténu qui danse ici
Sur l’air ému de nos folies
Tu nous emporte en tourbillons
Dans la cohorte à l’horizon

C’est la danse d’ici
La danse des épris
Des plus tendres chansons
Où volent papillons

Je ne sais plus où est la vie
Les airs déçus ont tout repris
Ouvre la porte, ouvre le fond
Toi qui exhorte à faire front

C’est la danse de pluie
La danse de folie
Que les grands fanfarons
Narguent sans pantalon

Quand est ému un homme qui
Etait déçu, certains sourient
Pauvres cloportes, avides et ronds
Vos airs ressortent en vrais cochons

C’est la danse de nuit
La danse des fruits
Des plus folles passions
Qui partirent d’un bond

Souffle ténu qui danse ici
Je reste ému de mes folies
Même si les plus grands frissons
Sont partis loin à l’horizon

La vie à deux parfois
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La vie à deux parfois, c’est endurer les cris
Et face au désespoir trouver la force encore
De rester toujours là, « à toi je te sourie »
Acquiescer sans vouloir, sourire même mort

La vie à deux parfois, c’est la désillusion
Souffrir des grands défauts enfouis sous un je t’aime
Se dire que l’on croit à la belle passion
Sourire comme un sot en ravalant nos peines

La vie à deux parfois, c’est être rejeté
Trouver les heures fades en regrettant le temps
Où l’Amour était roi sous les plus beaux étés
Perdues sont les naïades et les rires chantants

La vie à deux parfois, c’est le grand quotidien
Avec son air banal qui mine les instants
Où l’on rêve et l’on croit à meilleurs lendemains
Les heures sont létales et le cœur en tourments

Je suis seul et me dis que je suis épargné
De vivre ces instants où la gorge se serre
Ces instants de folie où le doux verbe aimer
Se fait terrible vent et la vie très amère

Ce n’est pas chose à dire et les tendres amants
Vous parleront toujours de leurs tendres idylles
« Le cœur est à offrir, ignorez les tourments »
Mais je vois que l’Amour n’est pas toujours subtile

La vie à deux parfois est très loin de nos souhaits
C’est une vérité que peu pourraient entendre
L’amour n’a pas de loi, tel un vrai feu follet
Il peut se retirer, avis aux cœurs à prendre !

A quelques pas perdus…
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Manger tout seul au restaurant
Chérir les feuilles sous le vent
Et marcher dans la rue
Sans amour éperdu
Aller tout seul au cinéma
Quel beau fauteuil qui tend les bras
D’un rien paraître ému
Ne pas être déçu
Rire tout seul au bon vieux temps
Rires qu’on cueille à pleines dents
Et chercher dans la rue
A retrouver la vue
Chanter tout seul, torse bombé
Ô mes aïeuls, tout est passé
Mais non je n’ai pas bu
Ma vie n’est pas perdue
Ecrire seul quelques poèmes
Sous un tilleul graver je m’aime
Ah mais si j’avais su
Pour un meilleur vécu

Voici l’écueil à éviter
Sinon tout seul vous finirez :

Ne dites pas « je t’aime,
c’est le plus important »
En ravalant vos peines
et vous faisant charmant !

Marcher à deux dans la ruelle
Plaisir des dieux, âmes jumelles
Un je t’aime entendu
Ne sera pas déçu

L’esprit de la forêt
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L’esprit de la forêt chuchote doucement
Il faut tendre l’oreille et s’armer de patience
Il livre ses secrets transmis au gré du vent
Ses amies les abeilles en connaissent la science

Parcourant les chemins, vous trouverez un jour
Une belle clairière, où les coquelicots
Se mêlent au dessin, faites-y un détour
Ici est le mystère au-delà de tout mot

L’esprit de la forêt se trouve le matin
Quand la rosée caresse en larmes les pétales
Abreuve les bolets et les bouquets de thym
Pour lui les fleurs renaissent et ouvrent grand le bal

Son murmure est un chant, celui d’une rivière
Des mélodies d’oiseaux, des ombres dans le ciel
Si vous êtes patient et aimez notre terre
Vous entendez ses mots plus doux que tous les miels

L’esprit de la forêt vous chantera bonjour
Et votre cœur ouvert écoutant sa musique
Connaîtra les secrets tout autour de l’amour
Invité sur sa terre où tout est féerique…