Hypocrites!
Ils savançaient dans la rue en criant « Hypocrites,
hypocrites », tant leur pesait le poids des « soldats du
monde », qui prônaient la paix et lamour du prochain
mais avaient les mains pleines de sang
Eux, seraient des soldats
de Dieu entiers et sincères
Que savancent parmi eux dautres gens sincères, mais
qui ne seraient pas « soldats » de Dieu, et ils crieraient
« Hypocrites, hypocrites », lorsque ceux-là crieraient
« Ils ne savent pas ce quils font », car les premiers
parlent par lesprit, ou avec un cur pour leurs proches
blessés, tués, piétinés, et les seconds
par le cur, ouvert à tous. Mais cest parce que les
premiers ont été aigris, aigris par la vie ! Cest
plus facile pour les seconds !
Savoir
une chose par lesprit ne fait pas de nous un être conscient.
Lorsque le cur ne bat plus, la conscience est endormie. Qui na
jamais commis un acte quil a eu du mal à se pardonner
lui-même ? Au moment où il la commis, était-il
vraiment le même ? Quest-ce qui est différent avant
et après, sinon quaprès, le cur sest
remis à parler ? Bien-sûr, « il naurait jamais
dû cesser de battre », et nous devrions tous travailler
en ce sens
Mais qui peut se faire juge dune vie, sans en
connaître les moindres détails, qui peut dire quà
la place dun autre, il aurait mieux fait, et encore pouvoir se
regarder dans une glace ?
Pouvons-nous
retrouver notre humanité si nous ne semons pas lespoir,
si nous ne sommes pas capables de voir la chance que nous avons de
ne pas être nés sous les bombes, à crier famine,
davoir des abris, des institutions, davoir de leau,
davoir des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, des pieds
pour marcher, une bouche pour parler, un ordinateur pour correspondre,
des ami(e)s avec qui discuter, davoir la capacité de penser,
décrire, de composer, de rêver, de danser. Que faisons-nous
de tout cela, que faisons nous lorsque nous nous faisons juges des
autres ?
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A ceux
qui ne croient plus en rien
Tant de
peine je ressens, pour tous ces gens qui ne croient plus en rien
Tant de solitude, tant de souffrance, tant de tiédeur dans leur
cur,
Poèmes et émotions ? « Attachants », Idéaux
? Sans lendemain
Jamais ils ne les transportent, jamais ils sabandonnent au bonheur
Dun chant d'oiseau, dun rayon de soleil, du rire dun
enfant
Tout est triste et sombre dans leur vie, tout nest que mécanique,
chimique,
Tristes sont les gens qui ne croient plus en rien, perdue leur joie
dantan,
Je lis la peine sous des regards méchants et des rires cyniques,
Des Noëls
brisés, des espoirs piétinés, de lamour
bafoué
Je lis le poids de tous les rires moqueurs qui les ont écrasés,
Jentends leur décision, très jeune, de devenir
autre, juste pour vivre
Et jentends leurs cris, leurs larmes, à peine étouffés
lorsquils sont ivres
Tristes
sont les gens qui ne croient plus en rien, et attendent la mort,
Mon cur saigne et toujours, continuera de pleurer sur leur sort.
Comment les ramener à la Vie, alors quils refusent lamour
?
Dans leur Donjon se sont murés, ont jeté la clef pour
toujours
Derrière les barreaux de leurs fenêtres, aux chants doiseaux
ils sont sourds
Et du haut de leur piédestal parfois, ils écrasent à
leur tour
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Devant
le phare de la Rochelle
Ils étaient
beaux ces amoureux de la Rochelle,
Bras dessus, bras dessous, marchant cheveux au vent
Devant une mer bleu azur, aux reflets dargent
Tandis que chutait à lhorizon le soleil
Devant
le phare majestueux du bout du monde,
Ils avançaient paisiblement, le cur battant,
Emerveillé, je contemplais la terre féconde,
Les goélands, qui autour deux dansaient une ronde
Sous les
falaises, parcourues de vents intrépides,
Coquillages craquant sous les pieds, rochers remparts,
Mon cur trouvait repos, sur une plage vide,
Rêvant à lélue qui serait un jour mon phare
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Miroir,
mon beau miroir
Comme
je suis laid, comme je suis laid, comme je suis laid, répétait-il,
les yeux tristes...
Comme
tu es beau, comme tu es beau, comme tu es beau, lui répondait-on
avec un grand sourire plein de larmes...
Comme
je suis laid, comme je suis laid, comme je suis laid, répéta-t-il
encore, mais avec une arrogance provocatrice...
Oui tu
es laid, oh oui, comme tu es laid, comme tu es laid, lui dit-on soudain,
les sourcils froncés, mais avec une lueur despoir...
Comme
je suis beau, comme je suis beau, comme je suis beau, décida-t-il
de dire, les yeux triomphants, et emplis dune force renouvelée...
Comme
tu es laid, comme tu es laid, comme tu es laid, lui fit-on en réponse,
avec un sourire empli de compassion...
Comme
je suis moi, comme je suis moi, comme je suis moi fit-il enfin un jour,
à bout de forces, les yeux fort fatigués...
Oui tu
es toi, oui tu es toi, oui tu es toi, lui répondit-on avec un
sourire infini !
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Hypocrites???
Ils savançaient
dans la rue en criant « Hypocrites, hypocrites », tant
leur pesait le poids des « soldats du monde », qui prônaient
la paix et lamour du prochain mais avaient les mains pleines
de sang
Eux, seraient des soldats de Dieu entiers et sincères
Que savancent parmi eux dautres gens sincères, mais
qui ne seraient pas « soldats » de Dieu, et ils crieraient
« Hypocrites, hypocrites », lorsque ceux-là crieraient
« Ils ne savent pas ce quils font », car les premiers
parlent par lesprit, ou avec un cur pour leurs proches
blessés, tués, piétinés, et les seconds
par le cur, ouvert à tous. Mais cest parce que les
premiers ont été aigris, aigris par la vie ! Cest
plus facile pour les seconds !
Savoir
une chose par lesprit ne fait pas de nous un être conscient.
Lorsque le cur ne bat plus, la conscience est endormie. Qui na
jamais commis un acte quil a eu du mal à se pardonner
lui-même ? Au moment où il la commis, était-il
vraiment le même ? Quest-ce qui est différent avant
et après, sinon quaprès, le cur sest
remis à parler ? Bien-sûr, « il naurait jamais
dû cesser de battre », et nous devrions tous travailler
en ce sens
Mais qui peut se faire juge dune vie, sans en
connaître les moindres détails, qui peut dire quà
la place dun autre, il aurait mieux fait, et encore pouvoir se
regarder dans une glace ?
Pouvons-nous
retrouver notre humanité si nous ne semons pas lespoir,
si nous ne sommes pas capables de voir la chance que nous avons de
ne pas être nés sous les bombes, à crier famine,
davoir des abris, des institutions, davoir de leau,
davoir des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, des pieds
pour marcher, une bouche pour parler, un ordinateur pour correspondre,
des ami(e)s avec qui discuter, davoir la capacité de penser,
décrire, de composer, de rêver, de danser. Que faisons-nous
de tout cela, que faisons nous lorsque nous nous faisons juges des
autres ?
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L'homme
à la guitare
Quest-ce
quil avait lair heureux, lhomme à la guitare,
qui chantait Espagnol à faire tourner la tête,
au milieu de ces hères qui traînaient dans un bar,
tourner la tête aux femmes, à qui il tenait tête
Mais pourquoi
ce scandale quand sa femme vint par là,
Pourquoi donc ce refus de la prendre dans ses bras,
et pourquoi toutes ces bières lorsquelle partit chez lui,
les larmes dégoulinant, de ses yeux tous rougis ?
Nous lentendions
se plaindre de ses petites histoires,
nous pauvres hères esseulés, qui rêvions naguère,
de vraies histoires damour, non toute cette misère
de tendresse, de bravoure, de passion et despoir
Tant de
femmes émerveillées, venues lécouter,
qui finissaient dans son lit lespace dune nuit,
lorsquil nen pouvait plus de sa vie démontée,
triste est la vie du coq quand il est face à lui
La guitare
posée, il ne sait plus notre homme,
pourquoi sa vie est fade, ni pourquoi il senivre.
Nos conseils le torturent, et lassassinent en somme,
lui qui ne sait plus pourquoi aimer, pourquoi vivre
Quel regard
malheureux, à vous faire oublier,
la triste vie des hères qui rêvaient dêtre
aimés
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Les
sanglots longs
Les sanglots
longs doubliés de lhistoire,
marqués à peine dun symbole dérisoire
Empliront toujours cette terre ingrate,
clamant victoire de façon opiniâtre.
Aux jours
despoir létendard est levé,
une fois seulement que le sang est versé,
Sûrs et certains que le vent a tourné
« Cest humain, abstiens-toi donc de juger »
Dit la morale, de toute éternité,
Soit je veux bien, mais non cette vanité !
Lointains
échos dexécutions sommaires,
procès fantoches, formules lapidaires,
La force, la haine, des collabos dantan,
des plus féroces des « nouveaux résistants »
Résonnent encore sur les parvis sanglants
Fallait-il donc abreuver les déments ?
Ici la
terre, les terriens parlent aux terriens :
La pauvre mère Michelle a perdu tout son charme,
depuis quelle est allée dénoncer son voisin,
qui faisait pousser lherbe ressemblant à une arme,
Au lieu de se soucier du pourquoi de sa vie ;
avec lui discuter, de ce quelle a appris
La misère et les pleurs du voisin linsupportent,
car elle préfère parler avec les personnes mortes
Ils résonneront
longtemps les sanglots longs des gens
qui avaient peut-être eu une vie riche en leur temps
Du temps où tous ces mots oubliés : liberté,
égalité, fraternité, étaient aimés
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Lorage
sur le banc
Feuilles
qui tombent dans un jardin, une à une comme ces secondes pénibles,
où le cur esseulé doit encore et encore subir les
assauts du passé
Quimporte que pluie et vent sy mêlent, quun
bel éclair la prenne pour cible,
se dit la personne qui hume la terre humide comme pour sy enfoncer
Fusez
donc, éclairs puissants, et balayez toute cette absurdité
Gronde tonnerre, étouffe mes cris, ma colère, sous tes
assauts sévères,
Bleu-violacées, magnifiques épées, ce ciel venez
déchirer
Vents hurlants, sifflants, grêle coupante, déchaînez
vos forces délétères !
Mais la
nature la laisse en vie, et de nouveau larc-en-ciel jaillit,
Une fois encore, les rayons du soleil caressent doucement son visage,
Et les vents transportent avec eux des effluves de cuisine et de vie,
De nouveau elle tend loreille vers les rires, lamitié
et le partage
Cesse
donc de geindre, petit fétu de paille, balayé par le
vent !
Relève-toi de ce banc, regarde lhorizon si tu as le cur
grand,
Et de cette colère, de cette amertume, fais-nous un grand feu
de joie,
Maintenant que tu as la force qui donne un sens à la vie ici
bas
Jean-François,
7/7/2004
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Les
palais de glace
De beaux
sourires figés dans des palais de glace,
on joue à saimer mais sans jamais se faire face,
Vos petites vies bien rangées, sans aucun amour,
Ou juste une amitié, seront tristes toujours
La passion
fait peur, vous préférez renoncer,
Renoncer au bonheur, qui pourrait séloigner,
Et choisir dêtre acteur, pour simuler la joie,
Faire croire à la valeur dune vie sans émoi
Emplis
de compassion, pour les jeunes âmes émues,
Vous leur donnez raison, en les pensant perdues,
Préférant votre prison, qui élève au-dessus,
Dans une si grande condition
Louanges entendues !
Les stalactites
ruissèlent sur vos dires enchantés,
Qui chantent les mille vertus, de votre tendre moitié,
Elle vous imite, fidèle, à cette vie enterrée,
Complice du jeu perdu, de lamour envolé
Dans vos
palais de glace, siffle le vent de mort,
Vent qui jamais nefface, les non dits, les remords,
Et si jamais le sol, sous leur poids se craquèle
Où iront vos paroles, et votre vie sans sel ?
Rêvez-vous
que votre cur, fasse fondre ce palais ?
Avez-vous la chaleur, qui ne séteint jamais ?
|
Le
saule pleureur
Il caresse
leau de ses branches, le saule pleureur,
comme pour retenir les souvenirs de la vie,
qui sécoule, infinie, fait tressaillir son cur,
car un jour il sera emporté loin dici
Il accueille
royalement ses ôtes enchantés,
qui, outre les fientes et les urines nourricières,
laisseront derrière eux les doux chants de lété,
ainsi il affrontera le plus rude des hivers
Dans lécorce
qui saigne, des dessins amoureux
mais oui aussi parfois, des messages haineux
avant de devenir homme ainsi il apprend,
ce que vaut le présent lorsquon vit en aimant
|
Amoures
virtuelles
De déception
en déception, ils le choisissent,
Lamour virtuel, le désir et la compassion,
A défaut de la flamme, un amour en esquisse,
Amour amitié, fade tendresse, triste raison
Plutôt
chasser ce souvenir du cur brisé,
Et se convaincre que lon peut choisir lêtre aimé,
Comme la plupart des gens, ranger sa vie, son passé,
Jouer au mieux notre pièce, avec des rires, se cacher
Les temps
sont venus, des écrans où se joue la bataille
des tristes curs perdus qui se voient passe-muraille,
Fébrilement ils pianotent, à la recherche don ne
sait qui,
Recherche du bonheur perdu, dun arrière goût de
paradis
Tout y
ressemble par des mots doux échangés,
on se convainc que lon est en train daimer
Bien sûr, on aime ! Damour amitié, de désir,
dénergies partagées
LAmour, LAmour
? Soupir
Dans cette
époque du théâtre, lon rêve éveillé
On préfère le douceâtre, éviter la passion,
« Vive le plaisir sans amour et le sexe amitié !
Aux orties la douleur du terrible Cupidon ! »
Murés
cachés, les voilà à labri des flèches,
Leur regard sest éteint, leurs sourires sont des pleurs,
Mais compatissons sincèrement à leur douleur,
Espérons que leurs larmes, malgré tout, ils les sèchent
Amoures
virtuelles, qui chassent les amoures dantan,
Vous nêtes pas lhirondelle, et ne faites le printemps
|
Curs
aigris
Curs
aigris, qui ne savent plus le sens de leur vie,
et tentent de convaincre de leurs rires assassins,
vos rires sont grinçants, votre condescendance, inouïe,
regardez-donc en face vos victimes, non de loin
Essayez
seulement de soutenir leur regard,
et tester votre courage, sans fuir ni même siller,
ces gens étranges croisés par le plus grand hasard,
qui nont pas oublié ce que veut dire aimer
|
Les
yeux aimés perdus
Un éclat
de rire en plein cur, les yeux aimés
Qui sourient légèrement, veulent oublier un autre
Coup de poignard qui font pleurer les vôtres,
Ignorant la douleur de votre être torturé
Se refusent
à lidée de pouvoir être aimés,
Croyant que votre étreinte ne serait quun élan
Venu de la terre, ne voyant votre âme brûler
Sous leur éclat magique qui emplit le présent
Ces yeux
aimés vous aiment, mais dun amour léger,
De cet amour empli des souffrances passées,
Et vous laissent suspendu dans quelque monde perdu,
Dans ce monde où la Vie nest jamais apparue
Les yeux
aimés perdus retrouveront-ils le feu,
Qui leur avait permis de tomber amoureux ?
|
Les
palais de glace.
De beaux
sourires figés dans des palais de glace,
on joue à saimer mais sans jamais se faire face,
Vos petites vies bien rangées, sans aucun amour,
Ou juste une amitié, seront tristes toujours
La passion
fait peur, vous préférez renoncer,
Renoncer au bonheur, qui pourrait séloigner,
Et choisir dêtre acteur, pour simuler la joie,
Faire croire à la valeur dune vie sans émoi
Emplis
de compassion, pour les jeunes âmes émues,
Vous leur donnez raison, en les pensant perdues,
Préférant votre prison, qui élève au-dessus,
Dans une si grande condition
Louanges entendues !
Les stalactites
ruissèlent sur vos dires enchantés,
Qui chantent les mille vertus, de votre tendre moitié,
Elle vous imite, fidèle, à cette vie enterrée,
Complice du jeu perdu, de lamour envolé
Dans vos
palais de glace, siffle le vent de mort,
Vent qui jamais nefface, les non dits, les remords,
Et si jamais le sol, sous leur poids se craquèle
Où iront vos paroles, et votre vie sans sel ?
Rêvez-vous
que votre cur, fasse fondre ce palais ?
Avez-vous la chaleur qui ne s'éteint jamais ?
|
En
mille morceaux
Je serai
content quand tu sras mort, vieille canaille
Je srai content quand on nparlera plus dmon ego
Mais quest-ce qutu crois vieil abruti, pauvre racaille,
Je fais partie de toi, ne rêve pas trop mon gros
Sous tes
airs très détachés, tu me nourris encore,
Et plus je rie, plus tu pleures, espèce de mort
La bataille est perdue davance, alors renonce,
Sinon ta vie ne sera plus quun tas de ronces
Mais tais-toi
donc, donner de lamour fait du bien,
Cela me suffit, nul besoin den recevoir !
Et pourquoi donc ces larmes naissantes, pauvre vaut-rien ?
Faisons maintenant la paix, et brisons ce miroir !
Peut-être
as-tu raison, que de nos mille morceaux
Surgira fleuve tranquille, mon âme, sur un bateau
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