Les poèmes de LOUP page 3

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Les bruits.

Les bruits et les lumières
Circulaient dans ma tête fermée!
Les bruits se gonflaient en mousse
Puis crevaient...
Mon coeur battait.
Les billes sonores de la lumière
Heurtaient mes paupières descendues,
Et de l'autre côté...
Il n'y avait que la poussée
Du vent aveugle
Dans les ruelles de la nuit!
Les jambes,les bras,la peau...
Attendaient un ordre de la tête,
Mais les paupières et les lèvres
Semblaient mortes,
Et restaient obstinément closes!
Quand ma tête fût saturée de clarté,
De traits et d'illusions...
Quand l'agitation et le balancement
Ne me laissèrent plus l'espoir
D'une plus grande perfection,
Mon corps s'abandonna
Au ciel vivant de ma tête...
Aux vagues si denses,
De cette lumineuse musique,
Délivré de son désir...
Aux limites inflexibles,inaccessibles!!!

Le temps.

Je ne me compromets plus
Maintenant,je change d'avis
Que les autres ne m'autorisent pas
Je n'imagine même plus...
Ils subissent ma conscience délirante
Ils parlent de jours, de nuits,
Ils osent même se disputer les dates.
Et ils comptent, ils comptent.
Les "minutes peut-être"
Les "secondes demain".
Mais les "secondes tout de suite"
S'en vont vers l'égoïsme cérébral
Et empaillé de leur habitude.
Ils se maquillent de sourires.
Ils ont des pédigrées d'absence.
Tandis que moi...
Je marche sans m'arrêter!!!

Tout ça!

La mémoire d'un objet:
Une feuille de platane,
L'odeur du lavandin,
La grande voix du vent
Qui s'appelle Mistral,
La cigale éveillée
Dans les pinèdes sèches,
Les merveilleux orages
Qui font taire les chiens
Quand près d'une bougie
Les hommes parlent bas.
Senteur de lavande
Et odeur de thym
Quand le soleil se lève
A cinq heures du matin,
Tout ça je te le donne
Un sourire à la main!!!

Depuis longtemps.

Depuis longtemps, je suis accoutumé
De me lever un peu avant l’aube
Pour surprendre…
Dans l’instant qui va suivre,
Ce qu’il adviendra de la nuit!
Elle est là, comme mon visage,
Elle a tout pris,
Elle semble impénétrable…
Mais derrière elle, je devine, rassemblée,
Toute la lumière qui tremble
Comme un déluge avant de s’abattre!
D’abord la nuit résiste à cette pression
Des grandes eaux éblouissantes…
Mais poreuse et dans ses profondeurs,
Elle laisse enfin suinter doucement
Quelque clarté laiteuse qui s’étend…
Tache de phosphore…
Qui commence d’engendrer l’espace!
Longtemps, j’ai souhaité,
Une soudaine rupture, une invasion…
Totale de lumière!!!
La nuit s’imbibe avec lenteur,
Et change, se décompose, laisse paraître
Comme au hasard, la transparence
D’une atmosphère, d’autres mouvements
De forêts ou de nuage, l’éclair d’une mare
Ou d’un fleuve…
Ainsi que les courbes charnelles de la terre.
Parfois un fragment osseux d’une ville…
Mais cependant rien d’humain…
Que moi-même…
Car si la nuit se transforme en plein jour,
Ce n’est jamais de la même manière!!!
A quoi tient sans doute, le prodige.

Je crois.

Je crois que l’homme est droit
Dans sa force de rêves…
Sur ses formes d’Autel !
Pour naître, il faut d’abord
Apparaître et puis partir…
Chaque rêve a ses cailloux
Que l’on doit éviter…
Pour qu’au retour d’un hasard
De l’infini et de son lien,
Liane d’une chaîne sans loi,
Eperon de la terre…
Accroché aux rochers,
Je dégaine mon âme
Pour la grande joie d’amour.
Et si la vie tête la mort
Pour se nourrir de mémoire
Dans l’oubli de son passé.
Et si la vie donne la main
Aux lendemains tant désirés,
Pendant que de longs doigts
Ratissent le ciel bas…
La terre commence sa longue mue
Soleil après lune, lune après étoiles…
Actions après sommeils…
Tous les rêves sont remplis
De gravas ou de cailloux…
Mais restent ce qu’on fait…
Sur cette terre…de plus doux !!!

Retrouvailles.

Egaré dans le brouillard
Je cherche un sentier
Entre ronce et lanières.
Des branches ont perdu
Le privilège des oiseaux.
La montagne perce
Sa première dent folle
Sous l’œil déférent
Des nuages présents.
Moi, j’ai ton murmure
Accroché de partout.
Je reviens de très loin
A ta vie qui m’entend,
Attentif à connaître…
Tous les bruits du silence !
Je revois ton visage
Entre mes doigts pliés.
Tout mesure la présence
De ton amour peureux.
C’est la retrouvaille
De ceux qui se contemplent
Sans jamais s’échapper,
Envahi par ce rêve…
Par la mémoire de l’autre !!!

TU LIVRES!

Tu livres au miroir…
La nuit de tes regards.
Tu livres à la neige…
Le rire de ta bouche.
Tu livres au sable pur…
La houle de tes reins.
Tu livres à l’avenir…
L’adresse de tes mains.
Tu livres à tous les vents…
La pointe de tes seins.
Tu livres à la fureur…
Le parfum de tes jambes.
Tu livres aux larmes folles…
Tes chagrins et tes rires.
Tu livres aux cris des morsures…
Ta douce chevelure dénouée.
Tu es elle et elle est tout…
Tu renais de son rire,
De l’univers réinventé
Qu’il partage avec moi !

Les mains

Le paysage hésite à mi-chemin
De la pluie et du soleil.
Délicieuse plénitude irisée
Riche de toutes les couleurs.
Elles y sont toutes…
En une saveur unique.
L’été et l’hiver
Scelle l’ardeur mouvante
Des fruits méconnus.
L’esprit n’est à cette heure
Qu’une immense pensée.
Identique présence tournante
De toutes les pensées.
Calmes devant soi,
Les mains au repos,
Les mains parallèles.
Les yeux devant soi !
Soi-même devant soi !

Le don de toi...

A toi qui m'a donné le rire
Quand j'étais sans couleur…
Tu m'as donné tes bras
Lorsque j'étais manchot
Et tu m'as réveillé
Quand un rêve de mal
Descendait de la nuit
Et ravageait mon esprit…
Avec tes quelques mots;
Tu m'as rendu le vin
Nécessaire à la vie.
Tu as créé l'oiseau
Absent de ma mémoire,
Qui marchait dans le noir.
Ta lanterne de rires
A éclairé mon corps
Couvert de noires pensées…
Dis-toi bien, ma douce
Que donner le sourire
A des yeux perdus,
Sans lumière…
Ce que tu as fait pour moi…
Ce que tu aurais pu faire
Cela ne s'oublie pas,
Ca se range précieusement
Au fond de la mémoire.
Rien que pour cela…
Je sais maintenant
Que bientôt je ferai
Le voyage qui mène au bout…
Des cheveux blancs

Tu n’es pas là…

Le temps s’évase, s’absente
Ton espace m’apparaît,
Entourant les silences.
Les bruits pataugent
Dans mon âme...
Mon cœur se plaît
A te savoir immuable
Et tendrement absente.
Qui sait ? Peut-être pas
Qui sait le pas à pas
De la tendresse
Et de l’amour ???
Ce bonheur là…
Qui loin voyage
Entre nos doigts trop courts.
Mais je te vois…
Toi, tu souris, aimable.
Je rêve…
Ton visage poursuit
Ma bouche de ses doigts.
La distance est un leurre
Qui mesure nos deux cœurs.
Je sais que Toi ne sais pas…
Je Toi.

Reste.

Ne quitte pas nos lendemains
Qui vont par les chemins
Semer des routes de couleurs
Pleines de pierres nouvelles,
Douces à caresser, à reluire,
Avec de grands pieds nus
Verdis de prés et de ruelles.
Donnes moi ton cœur à porter,
J’ai les mains en peaux d’amour ,
Pas de chagrin pour nous offenser.
Moi je m’attelle à l’oreiller
Pour mieux dormir,
Pour mieux rêver de toi
Qui tant m’appelle.
Le paradis au loin…
Profile son formidable choix,
Tous nos jours…
Sont à vivre d’amour !!